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Références
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"Patrimoines
et histoire du pays de Plestin" de J. Boutouiller (Centre Culturel de
Plestin). Visites sur place (Plestin, Plufur, Plougonven,
Trédrez-Locquémeau, Ploumilliau....).
Voir
aussi le site infobretagne.com
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Les
Beaumanoir
Les Beaumanoir font partie d'une même famille de constructeurs de
Plougonven (Finistère Nord, à l'Est de Morlaix, au Sud de
Plestin-les-Grèves). Ils
se fixent à Morlaix dans la seconde moitié du XVème siècle.
Le
plus ancien de la famille, Jean, est cité comme verrier à Saint-Melaine
de Morlaix vers 1465 (Beaumanoir le vieil).
Etienne
Beaumanoir se fait remarquer par la maîtrise
d’œuvre de St-Jagut en Plestin-les-Grèves. En effet, créateur
renommé, Etienne bâtit en 1496 la chapelle de Saint Jagut, près du
Château de Lézormel en Plestin-les-Grèves, pour Guillaume de Lézormel.
Quant
à Philippe Beaumanoir, il
travaille en 1488-1489 avec son frère Etienne sur la nouvelle église de Saint
Melaine à Morlaix.
Il
est travaille en 1499 sur la chapelle Saint Nicolas à Plufur. De 1507 à 1523
il est ensuite Maître et principal entrepreneur à Plougonven.
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Philippe
Beaumanoir a su jouer avec les éléments architecturaux (pignons,
contreforts, flèches, tourelles d’escalier) et avec la matière
(sculpture de granit) pour créer une architecture qui lui est propre.
Elle se distingue par deux innovations : le clocher-mur et l’abside
à noues multiples.
En
1499, Philippe se révèle comme inventeur à la Chapelle Saint Nicolas en
Plufur. Il applique les nouvelles formes et modes de l'art gothique
flamboyant et permet d'élever, d'agrandir et de mieux éclairer les
chapelles et églises.
Il
invente un véritable clocher qui s'élève à plus de 15 mètres au
dessus du faîtage de la nef : le "clocher-mur", qu'il met en
place pour la première fois en construisant la chapelle Saint Nicolas.
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La chapelle Saint
Jagut
La
chapelle d'Etienne Beaumanoir a un plan rectangulaire (15 mètres par
7,5mètres).
En façade, un pignon Ouest avec un clocheton.
La
chapelle est éclairée par 7 petites fenêtres (1,5m x 0,80m) en style roman :
2 sur chaque mur latéral, 1 sur chaque côté de son chevet à 3 pans.
Elle
possède un enclos contre lequel s'appuie la maison du chapelain.
La
silhouette est élégante mais encore massive.
Comme
la plupart des chapelles du XVème siècle, la chapelle Etienne Beaumanoir
est encore une chapelle basse.
Le
pignon s'élève sans contrefort à une hauteur de 13 mètres.
Une
table rectangulaire est aménagée au faîtage du toit pour recevoir un
clocheton fin et élancé de 5 mètres de hauteur se terminant par une
petite flèche aux frontons triangulaires qui ne porte qu'une seule
cloche.
Voir aussi la page "Eglise
et chapelles"
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La chapelle Saint Nicolas
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La
chapelle est située à Plufur (canton de Plestin-les-Gèves).
Pour
s'y rendre de Plestin, il faut prendre la direction de Trémel, puis
celle de
Plufur.
Sur
la route de Plufur, après environ 800 mètres, une signalisation à droite indique la direction de
la chapelle. Les 700 derniers mètres doivent être effectués à pied. En
effet, le chemin n'est pas carrossé et a, au départ, une pente assez
rude. Après ce raidillon, le chemin longe une vaste prairie
bordée d'arbres, le long d'un cours d'eau. Au fond du vallon, se tient la
Chapelle Saint Nicolas fièrement plantée sur un terre-plein ombragé.
Elle est désespérément seule au milieu de la verdure, mais reste toujours
superbe.
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La
chapelle a un plan en forme de croix latine avec une nef de 25 mètres de long et
une largeur de 12,50 mètres par ses transepts.
En
façade, un pignon Ouest avec un clocher accolé d'une tourelle.
Le
clocher s'élève à plus de 15 mètres au
dessus du faîtage de la nef : le "clocher-mur" de Philippe
Beaumanoir.
Elle
est éclairée par 8 grandes fenêtres (de 3 à 4 mètres de haut sur 1,20
à 1,50 mètres de large) dont 3 sur son chevet inventé par Philippe
Beaumanoir.
Des
inscriptions sculptées sur les contreforts expliquent la construction de
la Chapelle. Il s'agit de caractères gothiques en français et en breton.
Ces inscriptions de longueur exceptionnelle permettent de lire l'histoire
de la Chapelle : initiateur, gestionnaire des comptes (gouverneur),
architecte (Philippe Beaumanoir), seigneur du lieu.
La
chapelle possède une sacristie mais n'a pas d'enclos.
Philippe
Beaumanoir a donné une silhouette originale, plus mouvementée et moins
massive à sa chapelle en inventant un nouveau chevet : le chevet à noues
multiples.
Au
début du XXème siècle, le lieu était beaucoup plus fréquenté et la
végétation moins abondante. Des vues de l'époque existent qui montrent
un environnement plus ouvert sur la vie locale. A cette époque, la
municipalité déclarait ne plus pouvoir faire face aux charges induites
par l'entretien d'un tel patrimoine. Dans les années 1970, un jeune
étudiant en architecture et "l'Association des Amis de la Chapelle
Saint Nicolas" ont réussi à la sauvegarder.
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Clocher-mur,
Chevet
Clocher-mur
Le
clocher-mur de Philippe Beaumanoir est un clocher intermédiaire entre les
clochers-mur très simples du XVe siècle qui ne sont que des
pignons renforcés et coiffés d’amortissements, et les clochers-tours
qui marquent la puissance des paroisses qui les possèdent.
Appuyant
son clocher sur un pignon épais, Philippe Beaumanoir fait grimper 4 contreforts du dessus de la pointe au pignon, il transforme
l’amortissement du haut du gâble en table de pierre sur laquelle il
pose le beffroi et la flèche, il utilise également un autre élément du
clocher-tour : il accole à l’un des contreforts une tourelle
d’escalier.
Chevet
Le
chevet que construit Philippe Beaumanoir est aussi une réponse nouvelle
au traitement des absides au maître-autel où étaient recherchées la
forme en cul-de-four (demi-coupole) qui symbolise le Ciel, la lumière,
symbole de la présence divine qu’il obtient en multipliant les baies,
et la grandeur obtenue par l’effet architectural des trois pignons
juxtaposés.
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Les
gargouilles
Les
gargouilles sont de longs dégorgeoirs saillants par lesquels
l'eau pluviale peut se déverser à l'écart des murs.
Certaines
sont purement décoratives et symboliques.
Elles
représentent des animaux fantastiques et caractérisent le style
gothique breton initié dans tout le Trégor à la fin du XVème
siècle par l'atelier Beaumanoir de Morlaix.
Les
gargouilles pourraient être des représentations des démons
conquis par l'église et voués à devenir les esclaves chargés
des tâches les plus ingrates ; des "estranges bestes"
projetées dans le vide en rondes-bosses ne manquaient (et ne
manquent pas toujours) de frapper les imaginations.
L'art
de la Renaissance les fait disparaître et les remplace par de
simples fûts de canon beaucoup moins suggestifs.
Le
recours aux gargouilles est plus ou moins développé selon les
constructions.
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L'église
de Plougonven en utilise un très grand nombre, pratiquement
toutes différentes. Sans doute un record : vraisemblablement la volonté de faire mieux que le voisin,
mais ce qui est sûr c'est que l'imagination n'avait pas de
limite.
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Inventaire
des oeuvres
La
liste des bâtiments qu’on attribue à Etienne et surtout Philippe Beaumanoir est
impressionnante :
-
les églises de Guimiliau, Guerlesquin, Plougonven, Ploumilliau,
Ploulec’h, Trédrez-Locquémeau, Lohuec... ;
-
les chapelles St Nicolas de Plufur, St Gildas en Carnoët, St Nicodème
de Lanleïa... ;
-
des édifices aujourd'hui disparus comme la chapelle de la Trinité en Plounérin
dont les pierres ont servi à construire une villa étonnante à
Plestin-les-Grèves (en bordure de la partie Ouest de la plage de Saint Efflam).
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Liste
(quasi exhaustive) des lieux "Beaumanoir" (Léon Est,
Trégor)
Taulé,
Locquénolé, Landivisiau, Guimiliau, Morlaix, Plouézoch, Ploujean,
Lohuec, Plougras, Guerlesquin, La Trinité, Plounérin, Plougonven,
Plouigneau, Locquirec, Plouégat-Guerrand,
Trémel, Plufur, Plouzélambre, Saint-Michel-en-Grève,
Plestin-les-Grèves (Saint Jagut), Ploumilliau, Trédrez-Locquémeau,
Ploubezre, Ploulec'h, Lannion, Pleumeur-Bodou, Coatréven,
Saint-Quay-Perros, CoatDout, Moustéru, Guingamp, Trégonneau, Saint
Laurent, Landébaeron, Coatascorn, Berhet, Notre-Dame de Comfort,
Troguéry, Mantallot, Pleubian, Bréhat, Lézardrieux, Pleudaniel.
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Eglise
de Plougonven
(Plougonven,
berceau des Beaumanoir, est une commune du Finistère située au Sud de
Plestin-les-Grèves à une vingtaine de minutes en
automobile).
L'église
fut construite de 1507 à 1523 sur des plans de Philippe
Beaumanoir.
L'ensemble
architectural est remarquable et comprend l'église, un ossuaire et
un splendide calvaire.
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