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L'église Saint Efflam

Les chapelles

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Circuit des chapelles

   

   

   

    

   

Eglise

    

&

    

  chapelles

    

    

    

Références  

Textes et dessins de l'ouvrage : "Six cents ans à Lézormel, histoire d'un manoir breton" de  Jean du Roscoat (Chapelle Saint Jagut),

Tableaux d'information fixés sur la  Chapelle Sainte Barbe, la Chapelle Saint Jagut,

 la Chapelle Saint Efflam, la Chapelle Saint Sébastien, la Chapelle Sainte Anne et la Chapelle Saint Haran,

- "Saint Efflam" de D. Lucas (Centre Culturel de Plestin)

Le site www.ifrance.fr/frey-Roger,

             

 

   

     

- Le guide -

   

  

Le guide se présente sous la forme d'un plan simplifié (schéma) de la commune de Plestin-les-Grèves sur lequel ont été signalés les principaux monuments et sites, dont l'église et les chapelles.

   

Les rivières et le bord de mer sont dessinés en bleu, les voies de circulation étant tracées en noir. L'église et les chapelles figurent en rouge.

   

Les informations complétant le guide figurent dans les sections suivantes de cette même page (voir le menu en haut de page).

  

Le visiteur pourra décider du circuit approprié en fonction de sa disponibilité. Il pourra par exemple commencer par une visite de l'église puis continuer le circuit en visitant les différentes chapelles. 

  

  

  Voir aussi la page "Circuit des chapelles"

  

   

 

         

 

 

     

Eglise et chapelles de Plestin

   

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 - Eglise Saint Efflam -

  

    

L’église paroissiale est un édifice gothique, fondée en 984, dit Ogée, par Geoffroy 1er, duc de Bretagne.

    

Le fronton porte la date de 1576. L'inscription "F.L. 1576" atteste que François de La Tour, recteur de Plestin puis évêque, a fait construire le porche surmonté d'une scrétairerie et portant les armes des Saliou de Lesmaes alors Vicomte de Plestin.

    

Le clocher date du XVe siècle. Une toute petite flèche en pierre, à six pans, surmonte le clocher de cette église, qu’entoure une galerie également en pierre. Des briques romaines ont été réemployées. 

  

Le porche abrite des remarquables statues en granit de Kersanton : le Christ entouré de Saint Efflam et de Sainte Enora, et une galerie de douze apôtres caractéristique de l'oeuvre du "sculpteur royal" Roland Doré (1618-1660).

  

L'église a été transformée au XIXe siècle par la municipalité. Arrivant à son taux de remplissage maximum, malgré la sécession de Trémel (1839), et également, afin de faciliter les communications modernes (dégagement de la place du bourg), Plestin a supprimé l'enclos paroissial, l'ossuaire y compris (1830-1860). 

Cependant, la longère Sud a été enrichie de trois portes monumentales provenant pour l'une, de cet ossuaire, les autres venant du manoir de Kerjean-Dresnay. 

   

Le tournant du clocher faisait obstacle à la circulation. L'entrée du clocher était pourtant condamnée et l'édifice un peu raboté. Afin d'augmenter la capacité de l'église, il a été décidé de l'élargir, la longère Nord étant mise au niveau du pignon du transept. La longère Nord est donc lisse de bout en bout et l'ancienne chapelle de Saint Efflam ne fait plus saillie. L'emplacement du tombeau se trouve effacé dans le dallage intérieur.

   

Minée, l'église a été incendiée et en partie détruite dans la nuit du 30 avril 1944. Sa restauration a duré ensuite vingt ans.

    

 

       

Vue côté Sud                                

                            Porche (côté Sud)

Les trois portes                              

                            Le petit clocher

   

 

   

L'intérieur de l'église est remarquable par l'ampleur de sa nef et de ses triples bas-côtés soutenus par trente-sept piliers et éclairés par des vitraux datés de 1950, oeuvre de Hubert de Sainte-Marie. 

   

 

   

A noter, en dehors du tombeau et gisant en granit de saint Efflam, en habits royaux (XVIe siècle), quelques statues anciennes polychromes de belle facture : Saint Efflam terrassant le dragon, Saint Gestin (patron éponyme de la paroisse) en prêtre tenant un calice, un beau Christ ... un chef d'oeuvre de J-B Germain, le Chemin de Croix sur cuivre argenté datant de 1868 et en voie de classement par les "Monuments historiques", une croix processionnelle à personnages et clochettes du XVIIIe siècle et la bannière de saint Efflam pour les processions. 

Les stalles et boiseries du choeur proviennent de l'église de Corlay et de l'abbaye de Coatmalouen. Une chaire néo-celtique de Ely Moulet (1912).

   

L'église renferme, non pas le tombeau de Saint Efflam, comme on le croit généralement, mais un monument du XVIe siècle, sur lequel le saint est représenté couché et revêtu des insignes de la royauté. 

Une tablette placée à côté porte cette inscription : "Cy gist le cor du glorieux saint Efflam, prince, fils du roi d’Hybernie, en 994". 

   

Avant la révolution, une grille en fer, en forme de chapelle, entourait ce sépulcre ; mais cette grille, dont on admirait la richesse et le travail, n’existe plus. On pense qu’elle a fait partie des ornements religieux de la paroisse, mis en vente en 1793.

   

 
 

   

Le tombeau d'Efflam

  

D'après la légende latine, la vie du saint a été écrite après sa mort, la lettre ayant été trouvée dans son tombeau. Cette découverte aurait été faite par un pieux ermite qui entretenait,  balayait et ornait par dévotion la grotte où Efflam priait. Des gouttes de sang jaillirent un jour de terre devant l'ermite à l'endroit où se trouvait le corps d'Efflam. 

C'est de là qu'il fut transporté dans l'église de Plestin par l'évêque de Tréguier, le 6 novembre de l'an 999, dit-on, avec une pompe digne d'un saint et d'un fils de roi. Le tombeau date de 1550 où il y est présenté en seigneur avec sceptre et couronne.

      

  

Ce n’est donc pas le tombeau que fit construire Paul, évêque de Tréguier, en 994, et dans lequel fut placé le corps de saint Efflam, après avoir été enlevé de la chapelle bâtie sur l’emplacement où il avait été inhumé. Le monument du Xe  siècle, le sépulcre qui reçut les dépouilles mortels de saint Efflam, n’a pas laissé de traces. Il a été détruit sans doute par les normands qui ensanglantèrent la Bretagne pendant vingt-six ans, pillant et ravageant de préférences les monastères et les églises. 

Il est donc tout à fait possible que lors de l’ouverture du tombeau actuel, il y a une quarantaine d’années, sous la direction de M. de Lamennais, alors grand-vicaire du diocèse de St-Brieuc, on n’y ait trouvé que du varech, comme l’affirme le président l'Habasque, dans ses « Notions Historiques », et les continuateurs d’Ogée. Mais l’abbé Kermoalquin, dans ses Etudes sur les villes de Bretagne, soutient, au contraire, qu’on trouva des ossements humains dans ce tombeau, à l’époque que nous venons de rappeler, et il ajoute que cette circonstance est mentionnée au procès-verbal.

Depuis la fouille du tombeau, l'église ne contient plus qu'un mausolée vide et déplacé.

   

 
 

  

Les grandes orgues, qui datent de 1959, constituent un véritable patrimoine. 

   

 

     

   

Les orgues de l'église Saint Efflam 

    

L'orgue de R. Dallam

(voir site www.festivaldelanvellec.com)   
L'orgue conservé actuellement à Lanvellec (près de Plestin-les-Grèves) avait été construit à l'origine pour l'église de Plestin-Les-Grèves (les archives de la paroisse de Plestin précisent que l'orgue était destiné à l'église de Plouégat-Guérand, mais que trop haut pour l'édifice qui devait l'abriter, il fut finalement offert à la paroisse de Plestin).
En 1642, alors que la guerre civile perturbe le royaume d'Angleterre et que les puritains interdissent l'usage de l'orgue dans les églises, Robert Dallam et sa famille sont obligés de traverser la Manche pour se réfugier en Bretagne. Robert Dallam s'installe alors à Morlaix. Il fit ainsi des orgues neufs pour Saint-Jean-Du-Doigt, Plestin-Les-Grèves (1653), Lesneven et restaura l'orgue de Landerneau.

Robert Dallam était le fils d'un facteur d'orgue anglais réputé, Thomas, auquel la reine Elisabeth Première avait confié plusieurs réalisations importantes (l'orgue de King's Collège à Cambridge, les orgues des cathédrales de Worcester et de Wells, celui du collège d'Eton).

   

La restauration de la Monarchie des Stuart en 1660, avec les promesses de tolérance formulées par Charles II, laisse espérer à Robert Dallam une nouvelle renaissance de son art et de la musique d'orgue en Angleterre.
Il repart donc avec ses plus jeunes fils, construisant alors les orgues de Windsor, de la cathédrale Saint-Georges et ceux des deux collèges d'Oxford. 

Thomas, son fils aîné, né vers 1630, en Angleterre avant l'exil, décide de rester en Bretagne où il prend le patronyme de Thomas de la Tour, continuant de construire des orgues jusque vers 1700 (Saint-Pol-de-Léon , Ergué-Gabéric, Guimiliau, Ploujean-lès-Morlaix, Saint-Mélaine de Morlaix, Pleyben, Sizun). 

Le 30 mai 1665, Robert s'éteint à Oxford et est inhumé à New Collège où sa tombe subsiste toujours.

    
A Plestin, l'orgue de R.Dallam servit jusqu'en 1857, date à laquelle l'église nécessitait de grosses réparations. L'orgue non démonté, fût la première victime d'une toiture défaillante.
Endommagé, il est donc vendu à la paroisse voisine, celle de Lanvellec, qui le fera ensuite réparer. C'est à ce moment qu'on ajoute une basse de trompette de huit pieds et qu'on modifie l'alimentation.
  

Depuis cette date, l'orgue a vécu une vie monotone jusqu'à son mutisme total et son dépècement partiel au début de ce siècle. Pour éviter une dispersion complète, il fût classé Monument Historique par arrêté du 23 mars 1971.
Le projet de restauration resta en gestation pendant plusieurs années, l'idée lancée dès 1975, prit corps sous la maîtrise d'œuvre de monsieur DECAVELE, technicien-conseil pour les orgues, auprès du Ministère de la Culture.
Le programme des travaux élaboré en 1984, projette une restauration à l'identique, une restitution fidèle de l'œuvre de Robert Dallam. Rétablir une telle œuvre est d'autant plus légitime que les soustractions indues du début du siècle ont finalement été retrouvées.
La dernière aventure des tuyaux de l'orgue prend fin un petit matin de printemps quand un particulier dépose une caisse contenant cent-cinquante tuyaux permettant de compléter la plupart des jeux. Les tuyaux recouvrés ont immédiatement retrouvé leurs places précises à l'intérieur de l'orgue, confirmées par les traces et les marques manuscrites portées sur les tuyaux par Robert Dallam lui-même.
Les travaux ont été confiés au facteur d'orgue Barthélémy Formentelli  de Pedemonte en Italie. Commencée en avril 1985 et terminée en septembre 1986, la restauration lui redonnera toute sa vérité historique par son diapason d'origine, son ton d'origine et la couleur exacte des timbres et des jeux dans un tempérament propre à illustrer le langage musical de l'époque.
Le buffet daté 1653, restauré, polychrome et or, est en parfait état avec ses 39 tuyaux de façade tous anciens.
La façade reprend le schéma en profondeur de King's Collège à Cambridge. L'orgue de Saint-Jean-Du-Doigt, disparu dans l'incendie de l'église en 1955, était identique, celui de Saint-Pol-de-Léon révèle de nombreux points de similitude.
La restauration a révélé deux panneaux peints de scènes de paysage.
La statue qui orne la niche sommitale vénérée avant la restauration sous le vocable de Saint- Brandan, a retrouvé lors du décapage, son véritable nom, Saint Efflam, patron de la paroisse de Plestin-Les-Grèves.
La qualité exceptionnelle de la plupart des tuyaux, des retouches minimes, l'unicité d'une telle découverte a conduit la restauration vers un total respect de l'instrument. Ainsi va renaître un des instruments les plus précieux de France, par son ancienneté, son intégralité, son originalité et par sa qualité musicale.

   

Les orgues actuelles

Elles furent construites par les établissements Bouvet, facteur d'orgues à Nantes, sous le couvert des dommages de guerre (1939-1945). 

Compte tenu de la grandeur de l'église, ces orgues ont été conçues dans une architecture parfaite : mille deux cent quatre vingt tuyaux, vingt-trois jeux, deux claviers manuels (Grande orgue et récit), un pédalier et un système de programmation des différents jeux. 

Après quarante ans de fonctionnement, elles ont été restaurées en 1998 par Nicolas Toussaint, facteur d'orgues à Nantes. L'inauguration a eu lieu en avril 1999 avec deux organistes de haut niveau. 

  

Voir la page "Musique Sacrée"

    

 
 

  

Plestin est une étape du Tro Breizh (pélerinage entre les évêchés) entre Saint Pol de Léon et Tréguier. 

  

Le pardon de N.D. du Rosaire, avec procession, se tient le premier dimanche d'Octobre.

  

   

 

    

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 - Les chapelles - 

  

    

D'après le Registre de paroisse, on comptait avant la Révolution, 30 édifices religieux sur le territoire de la paroisse de Plestin-les-Grèves et de sa trève de Trémel. 

 

   

  

Avant la révolution, 

Plestin-les-Grèves comptait 

vingt-huit chapelles

  

Sept chapelles dédiées à des saints locaux    

Saint-Efflam, Saint-Jestin, Sainte-Henora, Saint-Maudez, Saint-Yves, Saint-Haran et Saint-Mélar (de Keranauffret). 

  

Deux chapelles de monastères 

Saint-Jagut et la chapelle de Guernevez au Coz-Wenach dont le vocable n'est pas connu.

  

Trois chapelles de saints romains 

Saint-Sébastien, Saint-Claude et Saint-Morice (ou Saint-Maurice).

   

Trois chapelles lieu de pélerinage ou dédiées à une intention spéciale

Notre-Dame de la Mer ou de Lancarré (patronne de la mer), Sainte-Barbe (patronne des gardes-côtes, datée de 1609 et réparée en 1732), et Saint-Roch.

    

Treize oratoires de maisons nobles  

Sainte-Anne, Sainte-Catherine (Leslac'h, 1607, le clocher mur possède une chambre de cloche), N.D. de Kermaria (Marc'hallac'h), Saint-Ollivier (Porjou), Saint-Jean (Porzpoden), Saint-François d'Assise (Le Petit-Locrenan), 

ainsi que les oratoires à vocable inconnu des châteaux et manoirs de Lesmaes (XVème siècle, chapelle privée), de Lézormel (XVIème siècle, chapelle privée), de Coatcaric, de Locrenan, de Kersénant, de Coatromar, de Trébiand et de Kergadiou.

La chapelle des Filles de la Croix (1892).

      

    

Sauf celles des maisons nobles, toutes ces chapelles possédaient une "Fabrique", des revenus, et étaient bien entretenues. 

Leur entretien a commencé à être négligé vers le XVIIIème siècle. 

Quand éclata la Révolution, les deux églises de Plestin-les-Grèves et de Trémel (sa trève), ainsi que les chapelles de Saint-Sébastien, Saint-Efflam, Saint-Yves, Saint-Jagut et Saint-Maurice restèrent les seules ouvertes au culte. 

  

Toutes ces chapelles étaient d'une construction très ancienne ou avaient fait l'objet d'une reconstruction remontant au XVIème ou au XVIIème siècle. Leur entretien n'a pas toujours été satisfaisant et seules quelques unes ont résisté à l'épreuve du temps : Sainte-Barbe, Saint-Jagut, Saint-Efflam, Saint-Roch, Saint-Sébastien, Sainte-Anne et Saint-Haran

   

Les autres ont été détruites, parfois transformées en granges, ou encore laissées dans le plus complet abandon (ruine). Certaines ont quasiment disparu. 

       

 

      

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Chapelle Sainte Barbe

  

    

Dans la trève de l'Armorique et le quartier du port ducal de Toul an Héry qui exportait surtout des céréales à destination de l'Angleterre et de l'Espagne, cette curieuse petite Chapelle est placée sous la dédicace de la Sainte Patronne des garde-côtes, Sainte Barbe. Peu avant la seconde guerre mondiale, la marée remontait encore à quelques mètres de la chapelle.

   

Petite édifice rectangulaire avec chapelle adjacente au Nord du choeur et porche au Sud, son clocher porte la date de 1609. Une répartition est attestée sur l'une des portes par l'inscription "L'AN.1732, F.F.P LOUIZIC.BOURC'HIS, FABRIQUE."

  

La chapelle a été réparée en 1732.

    

A la révolution, propriété de l'Hôpital de Morlaix, elle est vendue comme "Bien National" au citoyen Le Cosquer de Plestin (10 avril 1794).

   

A l'intérieur, la chapelle renferme une belle "Poutre de Gloire".

On remarquera aussi à l'extérieur, près de l'échalier du porche, un "Tronc à Offrande" auquel il manque les ferrures, semblable à celui de la chapelle Saint Efflam.

  

La chapelle Sainte Barbe protège les femmes enceintes et les nourrissons.

   

Le pardon a lieu chaque année au mois d'Août (premier week-end après le 15 Août).

  

Voir aussi la page "Les pardons locaux".

  

 

   

Vue générale                             

                           Porche au Sud

   

Peinture amateur (huile)

  

     

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Chapelle Saint Jagut

     

  

Le Pardon a lieu, chaque année, le premier week-end après l'Ascension.

   

Une chapelle très ancienne

   

Des écrits du XIIème siècle (bulle de 1163 du pape Alexandre III) font état de son appartenance aux dépendances du monastère de Landoac appelé "Saint-Jacut de l'Isle" (actuellement Saint Jacut de la mer).

La chapelle aurait été elle-même relevée à partir des ruines d'un sanctuaire plus ancien datant des premiers temps de l'évangélisation. 

Saint Jagut n'est sans doute jamais venu à Plestin, mais ses disciples ont vraisemblablement essaimé dans tout le pays en créant de petites communautés de quelques moines installés de façon très rustique dans des chaumières ou des huttes autour des sanctuaires. 

    

Un prieuré aurait été fondé au VIème siècle par des disciples de Saint-Jacut et rattaché à un prieuré de N.-D. de Pitié. Au XIème siècle l'abbé Hingethen, refondateur des abbayes de Saint-Méen et de Saint-Jacut, qui possède des terres dans la châtellenie de Morlaix-Lanmeur, appelé autrefois Ploucastel, aurait fait relever le premier édifice. 

   

Reconstruction de la chapelle

   

Après avoir pris soin d'éviter toute contestation avec l'abbaye de Saint-Jacut (propriété, gestion), des conditions locales à la paroisse furent négociées et un contrat fut établi. 

Plus encore, le Pape lui-même confirma par une bulle (18 mai 1493) le statut de Saint-Jagut.

       

 

      

 

     

 
 

   

  

 
 

      

Un artiste renommé, Etienne de Beaumanoir, maître "picoteur" à Morlaix fut pris comme maître d'oeuvre (voir la page "Architecture Beaumanoir")

La chapelle Notre-Dame de Pitié à Saint Jagut fut achevée le samedi 16 octobre 1496. La maison du desservant est accolée au placître. 

Elle reçut une consécration liturgique et non une simple bénédiction le 11 juin 1498.  

    

 
 

      

 

   

 

   

Le calvaire (XVIe siècle)

      

C'est à la fin de ce siècle qu'un calvaire fut élevé à Saint-Jagut. 

Il devait être très beau si l'on se fonde sur les débris retrouvés. 

Outre le socle et quelques morceaux de consoles, le torse brisé du Christ, une admirable pierre qui représente deux anges tenant un calice, illustrant la légende du Saint Graal, enfin huit petits saints, finement taillés dans le granit et groupés par deux, dos à dos.

   

La chapelle de Saint-Jagut dut bénéficier aussi d'une rénovation de sa décoration. En 1983, en faisant tomber des plâtres datant du siècle précédent, des restes de peintures murales représentant des dames en costume Henri IV, un démon et divers fragments furent découverts. Un fragment d'inscription mentionnant "Asmodée, le diable d'envie" fait penser à une illustration du Livre de Tobie, transposé en costumes contemporains.

    

Les difficultés (fin XVIIe et XVIIIe siècles)

   

La chapelle Saint-Jagut avait ses finances autonomes, alimentées par les aumônes des fidèles ; ceux-ci étaient toujours nombreux, en particulier le Lundi de Pâques où il y avait une messe solennelle avec sermon. 

Un paysan du quartier (ce fut longtemps quelqu'un de Poul ar C'han) se chargeait de quêter, de conserver les fonds et probablement de les gérer entièrement.

   

Période post révolutionnaire : le différend

   

La paroisse de Plestin avait décidé de remplacer quelques-uns des calvaires disparus, notamment d'élever une "croix de mission" à Saint-Jagut. Les débris de l'ancien calvaire furent enlevés. Un différend en résulta qui fut porté devant la sous-préfecture.    

L'affaire traîna. En 1808, un conseil constatait qu'aucun des deux parties n'avait de titre suffisant et que la chapelle devait être versée au domaine national. Finalement, le propriétaire eut gain de cause.

Depuis, personne n'a plus contesté les droits de propriété de ses successeurs. Cependant, le dossier ne fut jamais rendu et les plus belles pièces du "cartulaire" de Saint-Jagut sont aujourd'hui aux archives départementales de Saint-Brieuc. 

Tout fut remis dans l'état : les pierres brisées restèrent éparses dans l'herbe.

Aucune autre croix ne fut élevée ; la chapelle resta fermée encore quelques soixante ans.

    

La réouverture au culte

  

La décision de rouvrir la chapelle Saint-Jagut au culte fut prise. Celle-ci était restée fermée depuis le différend avec la commune de Plestin.

L'autel de pierre avait sans doute été descellé ce qui faisait perdre à l'édifice le bénéfice de la consécration liturgique. La chapelle fut dotée d'un autel de bois. La première messe fut célébrée en août 1867 depuis la révolution.

   

La chapelle n'a jamais cessé d'être entretenue depuis lors.

   

Pour Saint-Jagut, des vitraux neufs furent faits dans lesquels ils placèrent leurs armes. Plusieurs dons furent faits à l'église de Plestin, notamment un vitrail représentant Saint Georges et Sainte Magdeleine et orné des armes des donateurs (ce vitrail disparut dans l'incendie de 1944).

    

A Saint-Jagut, le sort des anciens vitraux représentant les seigneurs de Lesormel reste hypothétique.

         

L'après-guerre

      

Les propriétaires réalisèrent d'importants travaux de restauration et d'entretien à Saint-Jagut. La toiture qui menaçait ruine a été refaite ; le vieil autel en granit a été remis en place ; les plâtres imprégnés d'humidité et lézardés ont été grattés.

   

Dans cette période, comme le montre un vieux film (récupéré par miracle et transféré sur vidéo) que les habitants du quartier aiment toujours regarder périodiquement, un éclat particulier (messe, procession, jeux) fut redonné au pardon de Saint-Jagut. 

     

Lézormel et Saint-Jagut : un lien sauvegardé

  

Comme le montre si bien l'histoire, Lézormel et Saint-Jagut sont étroitement associés depuis des siècles. 

Ce lien perdure : le Cincentenaire de la chapelle en 1998 donna lieu à de nombreuses manifestations : une cérémonie religieuse  célébrée par l'évêque de Saint-Brieuc, un concert dans la chapelle et enfin les fêtes traditionnelles dans la cour du château de Lézormel. 

       

 

  

Vue générale (de la route)                   

                        Esplanade Ouest

Porte d'entrée                          

                                Pignon Ouest

Le clocher                                

                       Socle de l'ancien calvaire

    

Peinture amateur (huile)

  

  

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Chapelle et fontaine Saint Efflam

   

 

 Histoire de la Chapelle 

      

La chapelle dédiée à Saint Efflam date du XVe siècle n’est pas l’oratoire primitif élevé au saint après sa mort.

En effet, si l'on en croit la tradition, le lieu a vu s'accomplir un miracle en 994, sous le pontificat de Paul. Toutes les fois, dit la légende, que l'on balayait cette chapelle, des gouttes de sang suintaient à travers des dalles. Informé de ce prodige, l'évêque ordonna des prières publiques et fit creuser à l'endroit d'où sortaient ces gouttes de sang. 

Les fouilles firent découvrir, à une très petite profondeur, un cercueil et des inscriptions indiquant que le corps qui y était renfermé était celui de saint Efflam, mort le 6 novembre 512, et enseveli par ses religieux dans cet endroit retiré. Le transfert des restes mortels d'Efflam dans l'église paroissiale de Plestin fut alors effectué.

       

Les parties les plus anciennes sont le clocher et plusieurs arcades (XVe siècle), ainsi que le porche sud (1576) avec statues des Apôtres, par Roland Doré (vers 1610). 

En 1620, la Chapelle au riche mobilier (statues polychromes, autel ouvragé en bois doré...) portait l'inscription "D.PERCEVAL.EFFLAM.K.RECTEUR.MARTIN.CHAPLIN.FABRIQUE."

  

En 1887, alors que la Chapelle menace de s'effondrer en ruine, le conseil de Fabrique et le "Conseil municipal Chrétien" sachant combien les plestinais tiennent à la Chapelle décident de la reconstruire. C'est l'édifice actuel, au chevet arrondi, qui sera béni le 27 Mai 1888, Dimanche de la Trinité. 

   

La Chapelle est marquée aux armes de Lézormel qui devinrent un temps propriétaires des carrières de Kerallic (voir page Lézormel).

La chaire à prêcher, oeuvre d'Alfred Ely-Monbet, date de 1913. La chapelle a été classée monument historique le 1er décembre 1908.

   

Sur le chemin des pélerins du Tro Breizh, le dimanche de la Trinité, une procession descendait autrefois du bourg vers la Chapelle pour le pardon de Saint Efflam, patron le plus populaire de la paroisse et vénéré dans toute la Bretagne.

   

Description

   

La Chapelle est installée à mi-hauteur, sous Kérallic, sur le flan Ouest de la plage de Saint-Efflam. Elle est solidement installée sur une grande terrasse bordée de murets. Un escalier en pierres descend vers la Fontaine Saint Efflam. Le lieu est entouré de verdure : sur les pentes et le chemin vers Kérallic, jardins des maisons voisines.   

   

Le mur du cimetière de la Chapelle bordait la route (voie romaine) qui menait de Morlaix à Lannion par la redoutée Lieue de Grève. La "Kroaz an Hanterlev" (Croix de mi-lieue), visible depuis la terrasse, rassurait les voyageurs sur la hauteur du flot de la marée montant vers Lokmikael (Saint-Michel-en-Grèves).

   

L'aspect de l'édifice confirme une reconstruction récente. Seules les pierres d'angle et celles du clocher sont apparentes, un enduit peint en blanc couvrant les deux façades et le chevet.

Les fenêtres, identiques, sont réparties régulièrement et sont ornées de vitraux. 

   

A l'intérieur, une fresque récente évoque la vie de Saint Efflam et de ses sept saints compagnons qui partirent, il y a très longtemps,  poursuivre l'évangélisation du pays.        

  

 

   

La Chapelle vue du bord de la plage         

                           Vue générale

Le clocher                                  

                              Le pignon

Sainte Enora                              

                        Saint Efflam

     

 

 

  

Fontaine Saint Efflam

   

La Fontaine, qui date du XVIème siècle, est toute proche de la chapelle Saint Efflam et fait aussi l’objet de la dévotion des fidèles.

     

On attribue à son eau des vertus miraculeuses. Du temps de l’abbé Déric, qui écrivit en 1777, "on se rendait à jeun, le lundi, à la fontaine de saint Efflam, lorsque l’on avait été volé. Là on jetait dans l’eau plusieurs morceaux de pain, à chacun desquels on donnait le nom des personnes que l’on soupçonnait d’être les auteurs du vol. Celui des morceaux qui restait au fond indiquait le nom des voleurs."

   

A la fin de la révolution, le dôme qui couvre la fontaine, du XVIIe siècle, a été remonté vers l'intérieur compte tenu de l'érosion marine.

  

Le chemin qui la borde descend vers la plage de Saint Efflam. Un grand escalier de pierre permet d'accéder à l'esplanade entourant la Chapelle située plus haut.

   

A l'aplomb du dôme, un carré de pierres taillées laisse apparaître une eau claire qui s'écoule ensuite dans un petit canal lui-même taillé dans la pierre qui traverse une succession de minuscules petits bassins. L'eau s'écoule ensuite dans la direction de la mer.    

  

 

     

Fontaine, escalier et Chapelle              

                     Carré de pierres taillées

Chemin donnant accès à la plage               

              Lokmikael en fond de baie

        

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 Chapelle Saint Roch 

  

     

La Chapelle Saint Roch est située sur les hauteurs de Plestin-les-Grèves. Comme la plupart des Chapelles elle est entourée d'un terre-plein qui est ici bordé de magnifiques et grands arbres.

   

Le site offre une vue panoramique assez exceptionnelle dans les directions Sud-Ouest, Ouest et Nord-Ouest : la vallée du Douron, Plestin-les-Grèves et Lanmeur au loin, la pointe de Locquirec et sa baie, la baie de Lannion et l'horizon sur près de cinquante degrés, Trébeurden. 

   

C'était très certainement un point d'observation et de surveillance très précieux quand la menace venait de la mer.

    

 

   

Un panorama exceptionnel               

                             Vue de face

    

 

   

La Chapelle date de 1621, un examen rapide de l'édifice montre qu'une reconstruction est intervenue depuis lors. C'est effectivement le cas, elle date de 1814. 

  

Le pignon principal se termine par un très petit clocher, il s'agit d'un clocher mur à lanternon qui dispose d'une grande porte.

Deux ouvertures ovales grillagées relativement petites sont présentes sur les deux façades Sud et Nord. Cette dernière possède également une porte ainsi qu'une minuscule et étrange fenêtre à croisillons placée à la limite de la toiture.

   

Côté Est, trois pans, chacun possédant un vitrail de bonne dimension qui a été obturé.

   

La toiture est en bon état, les ardoises grises et épaisses sont du type "Locquirec".

  

Saint Roch est le saint protecteur contre les épidémies.

      

 

     

Vue de dos (Est)                         

                        Le petit clocher

  

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 Chapelle Saint Sébastien 

  

  

Histoire 

    

A la croisée des chemins, cette Chapelle en forme de Tau s'élève sur le tertre de Run an Dunved (la colline aux moutons, 114 mètres d'altitude) depuis la fin du XVe siècle. 

   

Au XVIe siècle, elle est placée sous la protection de Saint Sébastien, saint souvent invoqué pour la guérison de la peste.

   

Elle possédait sa "Fabrique", groupe d'hommes du quartier chargés de la gestion des biens (terres, don de beurre, poulets, grains...) et les offrandes destinées à l'embellissement de l'édifice. Ainsi en Janvier 1723 et en Mai 1727, il est "payé soixante-cinq livres à Yves Henry pour avoir fait des balustres et lambrys" biens préservés dans les restaurations suivantes. 

  

Les alentours de la Chapelle, selon la coutume, étaient plantés d'arbres en prévision des réparations souvent nécessaires.

     

Au dessus de la sacristie, une inscription est gravée "F.F.P. MESSIRE PICART, F.HENRY, Y.GUILLOU".

   

A la révolution française "43 garçons et 22 pupilles (filles) sont aux écoles primaires dans la cy-devant Chapelle de Saint Sébastien en la section de Treardin... sous la direction du citoyen Jean-François Delisle le quatre prairial de l'An deuxième de la République Française Une et Indivisible" (30 Mai 1794).

La Chapelle est ensuite achetée par Y. Le Gall de Plestin le 12 Décembre 1820.

      

Description

   

La Chapelle Saint Sébastien a une forme originale en Tau. Compte tenu de son volume total, elle parait relativement basse. Son allure générale et l'examen des pierres confirme qu'elle date du XVe siècle.

Le clocher mur possède une chambre de cloche. 

       

Elle repose sur un tertre, un petit mur ayant été construit côté Sud. Elle est entourée de pelouses, les voies de passage sont en sable de mine.

  

La vue est magnifique. 

En regardant vers le Nord, on aperçoit au fond, à quatre kilomètres environ, la colline de Coz Ilis et enfin la mer à l'horizon (baie de Lannion).

     

 

     

Vue générale (pignon Ouest)             

                      Entrée principale

   

 

    

A gauche de l'entrée principale, on remarque un petit monument aux morts. 

Sur le mur arrière on remarque un "Tronc à offrandes" scellé. A noter qu'un autre tronc de ce type se trouve au carrefour des chemins à trente mètres de la Chapelle dans la direction Sud-Ouest.

   

 

   

Monument aux morts                  

                   Tronc à offrandes scellé

    

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Chapelle Sainte Anne -Kerbiriou

  

 

Le Pardon se déroule le dimanche le plus proche de la Sainte Anne.

     

Dans la trève de Trémeur, la Chapelle date du XVIIe siècle. Sa construction initiale semble dater du XVe siècle, la fenêtre du chevet datant de cette époque. Le clocheton est plus récent.

   

En hiver 1914, la Chapelle Sainte Anne-Kerbiriou, propriété privée, a été restaurée par les soins de ses propriétaires et rendue au culte.

Les pignons Ouest et Est sont revêtus d'un enduit et sont peints en blanc. Les murs latéraux sont en pierre.

Les vitraux sont de l'atelier d'Hubert Sainte-Marie de Quintin.

   

Située en hauteur sur le versant Ouest du Dourmeur, le site offre une vue panoramique sur la campagne plestinaise. Au loin, le regard se porte sur Lanmeur vers l'Ouest tandis que la vue Nord permet de discerner un petit coin de mer (Locquirec) à une dizaine de kilomètres.

Seule ombre au décor, les poteaux et fils téléphoniques et électriques apparents de part et d'autre de l'édifice.

     

 

   

Vue générale                                

                          Entrée principale

Pignon et clocheton (orienté Ouest)           

                                  Vitraux

     

Peinture amateur (huile)

  

  

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 Chapelle Saint Haran 

   

     

Le Pardon de Saint Haran (messe, procession) a lieu chaque année le dimanche et le lundi de Pentecôte.

  

Histoire 

  

En trève de Tréharan, une Chapelle très ancienne est en ruine en 1703 ; l'évêque de Tréguier autorise sa reconstruction le 13 juillet 1706, le pavage actuel est daté par une cartouche de 1743.

  

Mise en vente comme "Bien National" à la révolution, elle est vendue le 29 octobre 1806 à Yves Thomas, prêtre, à son retour d'exil en Allemagne. Cet ancien procureur de la Fabrique de la paroisse et procureur de la commune de Plestin avait refusé de prêter le serment exigé par la nouvelle constitution civile du clergé le 6 février 1791.

Détenu au Château du Taureau en baie de Morlaix jusqu'en avril 1793, il réussit à s'embarquer sur un navire en partance pour le port de Brême.

   

Dix ans après son achat, Yves Thomas fera don de la Chapelle avec son cimetière et divers objets de culte à la Fabrique de Plestin le 5 juin 1816.

   

Description

   

La Chapelle Saint Haran se trouve dans un petit nid de verdure, près de la rive droite du Douron. Eloignée d'environ cinq cent mètres de la route Plestin - Pont-Menou, elle se trouve dans un petit quartier au milieu de quatre à cinq habitations coquettes entourées de jolis jardins.

  

 

   

Un nid de verdure                        

                        Vue générale (Est)

  

 

   

La Chapelle est de plan rectangulaire avec un petit clocheton surmontant le pignon Ouest qui a été renforcé par une armature métallique. 

Du lichen s'est incrusté sur le mur de la façade Nord. 

Les ouvertures principales sont en verre clair et se trouvent côté Est sur les deux façades. 

La Chapelle est entourée par un petit terre-plein.  

     

Autrefois, on amenait, pour les faire rouler sur une pierre, les enfants atteints de diarrhées.

  

La Fontaine, jadis renommée, est un simple bassin abrité sur le chemin conduisant aux rives du Douron. 

   

 

   

 

   

 Légende de Rannou 

   

"Une sirène, restée un jour à sec sur la Lieue de Grève, fut ramenée par un jeune garçon du pays, un peu chétif et nommé Rannou. Pour le remercier, la sirène donna à la mère du garçon une coupe pleine d’un philtre magique, en lui commandant de lui en faire boire tous les jours, afin qu’il devienne le plus fort et le plus puissant des hommes.

A neuf ans, il cassait avec ses mains, sept fers à cheval réunis. C’était un bon chrétien. On le voyait souvent dans les pardons de la région où il prenait fièrement place en tête du cortège, brandissant sa croix de granit parmi les bannières de velours et de soie et dominant la foule de sa colossale stature. On disait, et on dit encore aux environs de Plestin : « Fort comme Rannou ! ».

 Par une belle matinée, Rannou se promenait sur la grève, non loin du Douron. Soudain sa quiétude fut désagréablement troublée par les vociférations et les injures d’une bande de vauriens qui, de la rive opposée, où ils pensaient n’avoir rien à craindre de Rannou, trouvaient amusant, de provoquer, narguer et railler impunément Rannou. La patience n’était pas la vertu dominante de celui-ci ; mais comment faire pour châtier ces voyous ? Le temps de courir au gué de l’Ile Blanche, et déjà, les garnements se seraient enfuis. Ils étaient d’ailleurs convaincus qu’ils étaient absolument hors d’atteinte ; cependant avec un terrible homme comme Rannou, il y avait toujours lieu de se méfier et ils l’apprirent à leurs dépens. Fou de colère, Rannou avisa un énorme bloc de rocher émergeant à demi du sable. L’arracher, l’étreindre si rageusement que ses bras y creusèrent leur empreinte, le lancer sur ses provocateurs fut l’affaire d’une seconde. Projetée avec la vitesse grand « V », la pierre vola par-dessus le bras de mer à la grande frayeur des voyous, arriva droit au plus acharné d’entre eux, l’aplatit net et demeura posée sur ses os broyés comme une dalle funéraire. De cette façon, on n’eut même pas besoin de l’enterrer ».

  

On montre encore près de la chapelle Saint-Haran en Plestin, le rocher fatal, et sur sa surface moussue, les traces des bras formidables de Rannou. A Plestin, une pierre isolée ayant la forme d’un siège s’appelle Cador (chaise) ar Rannou.

 (Cf. site www.ifrance.fr/frey-Roger)

  

 

      

Le clocher                               

                   Entrée au pignon Ouest

     

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