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Apprentissage, installation

L'âge d'or

De 1980 à nos jours

L'heure de la retraite

    
    
    

     

   

Le dernier

     

tailleur

   

   

Références  

Conversation avec Mr Victor Cadre tailleur à Plestin-les-Grèves.

   
   
   
   
   

          

 

  

   

 Apprentissage, installation  

  

    

Victor, gravement accidenté à une jambe dans sa jeunesse, se rend vite compte qu'il ne peut envisager de travailler à la ferme. Il décide de devenir tailleur.

   

En 1945, à la Toussaint, il est âgé de "20 ans et 5 jours" quand il démarre son apprentissage qui va durer 3 années pendant lesquelles il va apprendre toutes les techniques de l'époque.

    

En 1948, il trouve un travail dans une boutique située près de l'église de Plestin (actuellement, un magasin de vêtements). 

Au décès du propriétaire, il aide son épouse à tenir le magasin.

En 1951, après avoir trouvé une maison au centre du bourg, il s'installe à son compte en y créant une boutique de tailleur. 

   

Il n'a pas quitté sa boutique depuis lors, soit 55 ans de présence de 1951 à 2006.

    

       

 

   

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 L'âge d'or 

   

   

Quand il s'installe à Plestin au début des années 1950, il est le 5ème tailleur: "il est le dernier à arriver et sera le dernier à partir."

Toutes les villes et même les petites communes ont leurs tailleurs. Il se souvient bien du tailleur de Plouzélambre, une commune de 150 habitants, qui pour augmenter sa clientèle, s'était rapproché de Plestin et de Saint-Michel-en-grève en s'installant à Tréduder.

  

Dans ces années là, l'outillage était assez rustique.

- Une bonne machine à coudre, à pédale. Celle de Victor, qu'il a achetée d'occasion, date d'avant la 2ème guerre mondiale. Elle est rustique mais solide et fonctionne toujours en 2006. 

- Des ciseaux de bonne taille, indispensables pour assurer la coupe des toiles et tissus. Victor utilise toujours la paire de ciseaux qu'il reçut lors de son installation.

- Des fers à repasser, dont un fer à repasser électrique bien plus pratique que les fers en fonte.

- Des aiguilles et épingles, du fil, des patrons, un mètre....

   

       

Victor travaille surtout pour les hommes : pantalons, vestes et costumes pour le travail (artisans, agriculteurs), pour les loisirs et pour bien sûr pour les cérémonies et fêtes (habits du dimanche).

  

Les matières utilisées pour fabriquer les tissus sont essentiellement la laine et le coton. Les tissus sont épais et solides, durables.

      

     

Les années passent. 

Une véritable rupture intervient au début des années 1980.

 

  

 

    

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De 1980 à nos jours

        

     

 Au début des années 1980 l'apparition de la grande distribution et le développement de la confection bouleversent le commerce d'une part et le travail des tailleurs d'autre part.

   

Progressivement, les petits commerces les plus concurrencés par les moyennes et grandes surfaces ferment. Plestin voit l'introduction d'une moyenne surface "qui vend de tout". 

Malgré tout, au prix de certaines mutations, le petit commerce résiste assez bien à Plestin alors que d'autres communes sont rudement touchées. "C'est parce que Plestin est située à mi-chemin entre Lannion et Morlaix." 

   

la clientèle de Victor va progressivement se réduire : "Les jeunes s'habillent avec de la confection et les anciens disparaissent les uns après les autres." 

Victor se contente d'un noyau de clients fidèles et des retouches.

   

   

Devant sa table de travail, Victor observe ce qui se passe à l'extérieur, à travers sa vitrine. Il est idéalement placé au coeur du bourg.

   

Petit à petit, il constate les changements du mode de vie des plestinais, le développement des transports, l'invasion de l'automobile : "Aujourd'hui, on préfère prendre plusieurs fois sa voiture plutôt que de regrouper les déplacements...  Tout cela parce que l'essence n'est pas assez chère."   

  

Victor se souvient bien de l'époque où la nourriture était encore saine : "Autrefois, le rôti de veau gonflait au four, aujourd'hui il  rétrécit."

  

 

         

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L'heure de la retraite

   

   

Victor le sait très bien, à 81 ans ses capacités physiques diminuent (agilité manuelle, vue) "surtout depuis 2 ans" et il faut sérieusement envisager la retraite.

Cette perspective ne le réjouit pas vraiment car il éprouve de plus en plus de difficultés à cultiver son jardin.  

  

Pour l'instant, il reste le dernier tailleur de la région, il n'en connaît pas d'autres, peut-être en reste-t-il un à Saint-Brieuc ?  Mais il ne le pense pas.

Il s'étonne presque de l'intérêt porté par la presse locale, le bulletin communal et même la télévision régionale à sa situation. 

  

Jamais de vacances ; ses seuls moments de détente auront été les discussions parfois prolongées avec des clients. Il ne s'en plaint pas car il aime travailler. 

Au final, ses principales satisfactions dans la vie auront été son travail, le contact avec les clients, les visites de ses amis et son jardin.

   

 

       

 

   

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