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Références
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"Saint
Efflam, Sant Plistin" de D. Lucas,(Centre Culturel de Plestin),
"Bretagne des saints et des croyances" de M.Priziac, Keltia
Graphic 2002, préface de Michel Mohrt de l'Académie Française;
"Plestin-les-Grèves, toponymes et patrimoine" P.Gaultier, M.
Priziac ;
"Une presqu'île en Bretagne, Locquirec" de R. Le Deunff
Imprimerie de Bretagne Morlaix 2003 ;
"Le Barzhaz Breizh", "La vie Latine de saint Efflam". Le site
(www).ifrance.fr/frey-Roger
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L'histoire
en raccourci
Le
raccourci est fulgurant : il nous fait passer des premières traces d'occupation humaine,
aux pierres qui furent levées voici près de trente siècles, puis au Xe
siècle avant notre ère avec ses outils en bronze. Suivent l'arrivée
de nos ancêtres, les Celtes, par vagues successives puis vient le temps des
Gaulois...
La
naissance du Christ, coïncide avec le début de l'occupation des Romains, pour
cinq siècles. Cinq siècles d'une paix relative, de "protection"
militaire, pour beaucoup sauf pour les chrétiens, le répit intervenant au IVe
siècle.
Aux Ve et VIe siècles,
des hordes franques déferlent sur la Gaule tandis
qu'en Grande Bretagne, les bretons sont refoulés par les Angles, les Saxons,
les Jutes et les Pictes vers le Pays de Galles et la Cornouaille. D'autres enfin vers
l'Armorique, où ils
arrivent par groupes successifs à bord de bateaux (les curraghs) et par tribus
au terme de voyages organisés en
flottilles et dirigées par un chef ou un moine.
Une profonde mutation
s'opère alors.
Loin de s'imposer comme colonisateurs, les bretons sont accueillis par la population
armoricaine locale. Intégrés, ils s'implantent sur les terres en friches et
les habitations abandonnées. Vues de la mer, les côtes sont couvertes à cette
époque de
forêts alors qu'auparavant, durant l'occupation romaine, les terres fertiles
étaient cultivées.
C'est
dans ce contexte que débarquent Efflam à Plestin, Samson (saint fondateur) à Dol, Malo
(saint fondateur) à Alet,
Pol Aurélien (saint
fondateur) à Lampaul-Ploudalmézeau, Tugdual
(saint fondateur) et Kirec à Tréguier....
Il y en aura
beaucoup d'autres, auteurs d'exploits et de miracles ou tout
simplement des exemples dignes d'être imités. Ils s'efforcent, avec un
succès certain, de lutter contre le paganisme et ses symboles, ainsi
certains menhirs sont mis à
terre, d'autres sont retaillés et beaucoup sont "christianisés" i.e.
marqués d'une croix.
Le
Christianisme, qui se généralise progressivement, permet de retrouver une stabilité
dans une opportune et habile continuité. En effet, les
fondements de l'organisation deviennent les saints associés aux différentes entités : la paroisse
ou "plou" (avec ses saints fondateurs), les quartiers ou "trev", les monastères ou
"lan", les ermitages ou "loc"...
Cette
époque correspond à un nouvelle ère celte : l'Armorique devient la Bretagne.
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Les saints bretons : un patrimoine inestimable
Les
saints bretons sont à l'origine d'un patrimoine d'une valeur inestimable et de
l'existence d'une identité culturelle très forte. Ils constituent un des
piliers de la culture bretonne.
Les
lieux et entités portent ou intègrent leurs noms.
Les
calvaires, chapelles, fontaines, églises, cathédrales les identifient et les
glorifient en les associant étroitement au Christ, à la Vierge Marie, aux
Apôtres...
Le
granit, si difficile à sculpter, est travaillé pour qu'une représentation
leur soit donnée.
Le
bois, plus docile, est travaillé plus finement et peint.
Le
vitrail permet de domestiquer la lumière et les couleurs en leur honneur.
Les
bannières taillées, cousues et brodées rendent des hommages éclatants.
La
peinture sur bois et sur toile leur donne un début de vie.
Les
cantiques et les chants ; les orgues, binious et bombardes... transforment leurs
louanges en vibrations portées et partagées par les assemblées, en
particulier lors des pardons.
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Un patrimoine qui doit rester vivant
La
fin du XXe siècle s'est accompagnée d'une prise de conscience
identitaire et d'un renouveau culturel qui a coïncidé avec le
développement des médias et l'arrivée des nouvelles technologies.
En
ce début de XXIe siècle, les bretons exploitent avec bonheur tous les
moyens d'expression. Ils font preuve d'imagination et de créativité. La
culture celte se montre avec aisance dans les différents
espaces culturels européens et mondiaux.
Les
oeuvres ou plus simplement les traces laissées par les hommes et les femmes qui vécurent tout au long de
des périodes précédentes sont toujours là, présentes et précieuses.
Elles existent encore,
parce que leur intégrité a été préservée au fil des
siècles, parce que la
tradition orale les ont perpétuées avec plus ou moins de fidélité dans la
mémoire collective et parce qu'ensuite les écrits les ont immortalisées
souvent sous la forme de légendes populaires.
Toutes
les actions de recherche, de lecture et de restitution, mêmes modestes, font de nous
des dépositaires et des témoins.
L'accès
des bretons à leur patrimoine et plus généralement l'accès du public doit être possible et
aisé. Toute production de documents
spécifiques donnant de façon synthétique les faits légendaires et
historiques en les situant dans l'espace i.e. sur la base des lieux et
sites existants est à encourager, les outils utilisés étant les livres thématiques, les guides, les cartes etc...
sans oublier l'utilisation des moyens électroniques (CD, Internet).
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Extraits
de la préface du livre de Michel Priziac "Bretagne des saints et des
croyances", signée de Michel Mohrt de l'Académie Française
"Dimanche,
c'est le pardon" : combien de fois, dans mon enfance, ai-je entendu
cette phrase dans la bouche de ma grand-mère.....
...Quinze
siècles après leur arrivée dans un port de Bretagne, le culte de ces
saints faiseurs de miracles reste vivace....
...La
Bretagne, pointe extrême de l'ancien monde, a suscité bien des
descriptions et mérité plusieurs épithètes: par le souvenir des saints
qui l'ont peuplée, elle est toujours sainte."
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Saint
Efflam
Saint
Efflam est fêté le 6 novembre.
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Efflam
quitte Enora et rejoint la Bretagne
Efflam,
fils du roi d'Irlande et prince
d'Hibernie, naquit en 448.
Jeune
et beau, il avait été promis en mariage avant même sa naissance à Enora
fille du roi de
Cambrie.
C'était une belle princesse.
Mais
Efflam avait projeté très jeune d'aller faire pénitence et de
vivre en ermite. Il devait donc quitter sa
chère femme.
Au
milieu de la nuit des noces, alors que tout le monde dormait, il se leva
et sortit du palais
discrètement en compagnie de
son lévrier.
Parvenu
au rivage, il chercha vainement un vaisseau. Il faisait nuit.
Quand
la lune se leva, il aperçut
enfin un petit coffre ballotté par les flots.
Il y monta et s'en servit comme frêle esquif (i).
(i)
Il s'agissait en fait d'un curragh de bonne dimension, Efflam n'ayant
pas fait le voyage seul (il était accompagné d'au moins sept personnes).
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Pour
plus d'information Retour en Haut de page et cliquer sur
"L'épopée
des curraghs".
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Au
lever du jour, il approchait déjà de l'Armorique. Nous sommes en 470.
Efflam
rencontre Arthur
A
cette époque, l'Armorique, plus particulièrement
les alentours de Lannion et la région de Plestin, était
ravagée par des dragons
(qui symbolisent souvent le paganisme) qui semaient la désolation.
Le
roi Arthur(i), le vaillant chef des Bretons, en avait déjà tué beaucoup
et il se trouvait à ce moment là dans le pays.
(i)
héros principal des "Romans de la table ronde"
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Efflam et
ses compagnons débarquent près du Grand Rocher |
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Au
moment de son débarquement sur la terre bretonne, sur la Lieue de
Grève, près du Grand Rocher (Ar Roc'h c'halaz : la roche verte/bleue), Efflam rencontra Arthur qui était
entrain de combattre très durement un dragon. Le combat était si rude
que le cheval d'Arthur, gravement blessé et renversé, perdait
abondamment du sang par les naseaux.
Devant
Arthur, lui faisant face, se trouvait un dragon d'apparence effrayante.
Il avait la taille d'un jeune taureau, un œil rouge au milieu du front,
une peau très dure avec des écailles vertes autour des épaules. Sa
queue était toute tordue ; sa gueule était fendue jusqu'aux oreilles
et les mâchoires armées de défenses blanches et aiguës, comme celles
des sangliers.
Le
combat durait depuis trois jours
et le roi Arthur était à bout de force.
Efflam
arrivait à point.
Quand
le roi Arthur vit saint Efflam, il
lui dit :
-
Voudriez-vous,
seigneur pèlerin, me donner une goutte d'eau ?
Efflam
répondit :
-
Avec
l'aide du Seigneur, Dieu béni. je vous trouverai de
l'eau.
Immédiatement,
il frappa la roche verte à son sommet après avoir fait un signe de la
croix, trois fois, et une source jaillit du sommet du rocher(ii).
(ii)
La fontaine Saint-Efflam, se situe non pas au sommet du Grand Rocher,
mais près de la chapelle Saint-Efflam, en fond de baie, à l'Ouest.
Arthur
désaltéré, retrouva rapidement ses forces et santé. Il fonça sur le
dragon, et lui enfonça son épée dans la gueule. Le dragon touché à
mort jeta un horrible cri et roula dans la mer (***).
Le
roi Arthur, après l'avoir tué(iii), dit alors à Efflam :
-
Suivez-moi, je vous prie, au
palais d'Arthur; je veux faire votre bonheur.
Ce
à quoi Efflam répondit :
-
Sauf votre grâce, seigneur, je ne vous suivrai point; je désire me
faire ermite; si vous le permettez,
je passerai toute ma vie sur cette colline.
(iii)
Une autre version existe : Arthur, ayant épanché sa soif aurait
laissé le soin à Saint Efflam d'en finir avec le monstre. Saint Efflam,
après avoir prié, aurait ordonné au monstre de se montrer. Le dragon,
après avoir monté sur le rocher, poussa un cri pathétique et vomit du
sang par la bouche (d'où le "Rocher rouge" dans la baie près
de Beg Douar ?) et s'en alla
définitivement vers la mer.
Le monstre/dragon
était un monstre marin ?
Efflam, traversa les bois pour s'installer à la campagne, à
Plestin, en un
lieu peu éloigné de la mer. Sans doute dans les bois environnants, non
loin du Grand Rocher, un peu vers l'Ouest (voire sur la Lieue de Grève même
car en
fond de baie il existait, semble-t-il, autrefois de grands bois
aujourd'hui été détruits et ayant laissé place aux bancs de sable).
Il
aurait selon certains, occupé une cellule (Donguel en breton)
désertée par son résident habituel, sans doute celle de saint Jestin alors en
voyage à Rome.
Cette cellule qui devint son domicile
(iv).
Avec ses sept compagnons qui l'avaient sans doute accompagné dans sa
traversée de La Manche (l'histoire ne le dit pas, mais c'était
l'habitude), ils
décidèrent que chacun aurait son lieu de retraite, Efflam
voulant vivre en ermite.
(iv)
Il pourrait s'agir de Coz Ilis, ruine d'un temple romain (Ier au IIIe
siècle).
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Enora
rejoint Efflam et reste près de lui
Revenons
à Enora, la fille du roi
d'Irlande.
Le
matin de la nuit de noces, à son réveil, elle fut
surprise se demandant ce qu'était devenu
son mari. Après avoir beaucoup pleuré, elle eut un songe, elle vit son mari debout
près d'elle qui lui demandait de le rejoindre.
Elle
fut portée, endormie, jusqu'au seuil de l'ermitage de son mari
qui lui éleva alors une petite cabane près de la sienne.
Elle venait
quotidiennement pour la célébration des cérémonies religieuses,
restant debout à l'extérieur et s'en retournait à sa demeure.
Efflam
et Enora restèrent là longtemps.
L'écho
de leurs miracles dans le pays s'amplifiait,
et on venait chaque jour les visiter. Il est vrai qu'Efflam était un
personnage rayonnant (flam) inondant ses proches de lumière divine.
On
l'invoque contre le feu et les maladies qui y font directement penser :
les brûlures, inflammations diverses...
Efflam
et Enora meurent
Un matin, une pauvre femme qui
avait perdu son lait vint
trouver Enora. Comme Enora n'ouvrait pas, elle regarda par un petit trou, et vit
Enora étendue morte.
Courant
pour
pour avertir Efflam, elle trouva la porte de l'ermitage
grande ouverte.
Efflam
fut trouvé mort, tout comme sa femme.
Efflam
fut enterré à Donguel (vers 512 ?) et une petite chapelle fut
édifiée sur sa sépulture.
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Les
compagnons d'Efflam
La
Vie Latine parle de ses compagnons sans donner ni leur nombre ni
leur nom. Ils se dispersaient selon la règle celtique et
revenaient régulièrement entendre Efflam. Ils peuvent être
qualifiés de "petits saints de campagne" ou encore
"saints hommes", ceux que l'on
rencontre partout en Bretagne en chaque lieu, à chaque croisement
de route.
Les
compagnons d'Efflam seraient : saint Haran (chapelle dans le fond
de l'embouchure du Douron), saint Carré (prieuré de Lancarré au
pied du Grand Rocher, carrières de Lanvellec), saint Kirio (Plounérin)
et saint Kemo/Quemo (Locquémeau), saint Mellec, saint Nérin (Plounérin),
, saint Tuder (Tréduder entre Yar et Roscoat).
Saint
Eversin (Plouigneau) est parfois cité.
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Efflam
et la Lieue de Grève
Efflam
y débarqua, sans doute tranquillement car, sauf exception
(tempête de Nord-Ouest), la baie présente toutes les
facilités pour effectuer un débarquement sans grand
danger.
Il
n'en va pas de même pour effectuer une traversée à pied de
cette même baie à
marée basse, l'arrivée du flot montant pouvant surprendre le
voyageur imprudent, a fortiori s'il est accompagné d'un lourd
attelage.
La
croix de Mi-Lieue de grève
(décrite par ailleurs),
que la mer recouvre à chaque marée pourrait être un monument de sa foi et de
sa sollicitude pour le
salut des voyageurs en dehors de son utilité en tant que
repère.
Sur
le sable de la baie, on voit, après les
tempêtes, des débris de chênes et
de bouleaux, restes de la grande forêt où habitait Efflam. Les
arbres de cette forêt étaient encore
en telle vénération du temps où fut écrite sa légende
latine, que l'auteur assure qu'on
n'aurait pas osé en couper un seul, ni même en ramasser à
terre une branche pourrie.
Selon elle, c'est au saint qu'il faudrait attribuer le culte dont
elle est l'objet et les merveilles qui s'y passent.
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Le
tombeau d'Efflam
D'après la légende
latine, la vie du saint a été écrite après sa mort (son
décès intervint en 512), la lettre ayant été trouvée dans son tombeau.
Cette découverte aurait été faite par un pieux ermite qui
entretenait, balayait et
ornait par dévotion la grotte
où Efflam priait.
Des gouttes de sang jaillirent un jour de terre devant l'ermite à
l'endroit où se trouvait le corps d'Efflam.
C'est de là qu'il
fut transporté dans l'église de Plestin par l'évêque de
Tréguier,
le 6 novembre de l'an 999, dit-on, avec une pompe
digne d'un saint et d'un fils de
roi. Le tombeau date de 1550 où il y est présenté en seigneur
avec sceptre et couronne.
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Sur
les traces de Saint Efflam : à
visiter, à voir
-
Le
portail
de l'église de Perros-Guirec
Un sculpteur des
premières années du douzième
siècle a représenté la victoire que le roi Arthur remporta sur
le dragon de
la grève de Saint-Michel, grâce à l'intervention du
saint.
Le
bas-relief montre Efflam s'avançant et plongeant sa crosse dans
la gueule du monstre, tandis que le roi,
fatigué, se tient derrière lui, tenant à la main une épée qui
semble prête à lui échapper.
-
A Plestin-les-Grèves :
Le Grand Rocher,
La croix de la Lieue de Grève,
La fontaine, la chapelle Saint-Efflam et les statues de saint
Efflam
et de sainte Enora à Toull-Efflam,
Le tombeau de Saint Efflam dans l'église,
Coz Ilis (vieille église), ruine d'un temple
romain.
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Sainte
Enora
Efflam
s'en va
Enora
fille du roi d'Irlande
avait été promise en mariage à Efflam
fils d'un roi étranger, jeune
et beau. Mais ce dernier avait projeté très tôt d'aller faire pénitence
et de
vivre en ermite.
Au
milieu de la nuit des noces, alors que tout le monde dormait, il se leva
et sortit du palais
discrètement en compagnie de
son lévrier. Après avoir traversé la mer et débarqué sur une
immense plage de sable blanc, il s'établit en Bretagne, non loin de la
mer près d'un grand Rocher.
Enora
rejoint Efflam
Le lendemain matin à son
réveil, la princesse
fut surprise se demandant ce qu'était devenu
son mari. Les larmes aux yeux, elle réalisa qu'elle
était délaissée par son époux. Inconsolable, elle pleura pendant toute la
journée et la nuit.
Quand
elle s'endormit enfin, elle eut un songe, elle vit son mari debout
près d'elle qui lui disait :
-
Suivez-moi, si vous voulez ne pas perdre votre âme; suivez-moi sans
retard dans la solitude pour
travailler à
votre salut.
Et
elle de répliquer :
- Je
vous suivrai, mon ami, où vous voudrez; je me ferai religieuse pour
travailler à mon salut.
Alors, les anges la portèrent, endormie, par-delà la
mer, et la déposèrent
sur le seuil de l'ermitage de son mari (i). Quand elle se réveilla, elle frappa trois coups
à la porte:
-
Je suis votre douce et votre femme, que Dieu a amenée ici.
La
reconnaissant à sa voix, Efflam se leva très vite, il sortit en louant
dieu, et mit sa main dans
sa main.
(i) D'après d'autres
sources, elle aurait fait le voyage dans une "boule de cuir cousue" et
aurait débarqué au Yaudet.
Il lui éleva une petite cabane près de la sienne,
au bord de la fontaine, couverte de genêts, à l'abri derrière une roche.
Efflam
et Enora restèrent là longtemps. L'écho de leurs miracles dans le
pays s'amplifiait,
et on venait chaque jour les visiter. Elle venait quotidiennement pour
la célébration des cérémonies religieuses, restant debout à
l'extérieur et s'en retournait à sa demeure (ii).
(ii)
La demeure d'Enora aurait très bien pu se trouver à Kérallic, sur la
butte. Autre hypothèse : sa demeure se trouvait à Lancarré juste en
dessous de CozIlis (demeure d'Efflam).
Enora
et Efflam meurent
Un
matin, une pauvre femme qui
avait perdu son lait vint
trouver Enora (patronne des nourrices), portant son petit enfant sur le point de mourir.
Elle avait beau appeler à la porte, Enora n'ouvrait pas. Elle regarda par un petit trou, et vit
Enora étendue morte, resplendissante dans la modeste cabane toute
éclairée. Près d'elle, se trouvait un
petit garçon vêtu de blanc.
La
pauvre femme courut alors pour avertir Efflam. La porte de l'ermitage était
grande ouverte, et elle trouva mort comme sa femme.
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Saint
Gestin
Jestin
est fêté le 19 avril.
Jestin
ou Gestin fut sans doute l'un des nombreux immigrés venus d'outre-manche (avant
Efflam).
C'était
un homme pieux et solitaire qui vécut dans ce pays près de la Lieue de Grève,
au VIe siècle.
Il
mena une vie exemplaire, et la paroisse consacra sa mémoire en
prenant son nom.
Il
avait élevé un oratoire et une cellule qu’il fut forcé d’abandonner
pendant un voyage qu’il fit à Rome. A son retour, il retrouva sa cellule,
mais elle était habitée par Saint Efflam, qui voulut la lui rendre. Gestin
s’y opposa, et bâtit sa cellule à proximité. Les deux saints vécurent ensemble à partir de ce moment.
Gestin
y termina sa vie (480).
Jestin
(justinus en latin, Iestin en breton) n'est pas le patron de l'église de
Plestin-les-Grèves, celui-ci étant Saint Efflam.
Jestin
guérirait la fièvre.
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Saint
Jagut
Saint
Jagut est fêté le 8 février.
D'après
la Vie latine de Saint-Jacut (compilée au XIe siècle), le moine
gallois Doac (saint Doac) bâtit un ermitage à Landoac (Ve siècle) sur lequel la légende veut
que les jumeaux Jacut (i) et Guezennec, fils de saint Fracan et de sainte Gwenn,
tous frères aînés de saint Guenole (ii), établissent
l’abbaye de Saint-Jacut (Saint-Jacut-de-la-Mer
tire son origine de l’abbaye de Saint-Jacut).
Jagut,
comme ses frères Gwenole et Guezennec, embrassa la religion au monastère
saint Budoc à l'île Lavret près de Bréhat. Devenus moines, ils choisirent la
vie d'ermites à Landoac où fut fondée l'abbaye.
(i)Jacut
est l'équivalent breton de Jacobus, de Jacques.
(ii)Saint
Gwenole, fils de saint Fragan et sainte Gwenn, naquit à Ploufragan (Côtes
d'Armor). Il avait été promis à la prêtrise dès sa naissance mais Fragan
reculait toujours l'exécution de sa promesse. Cependant, la foudre l'ayant
frappé, il reconnut la un signe du ciel et fit le voeu de consacrer tous ses
enfants à Dieu. De fait, ils furent tous canonisés: sainte Klervi, saint Jagut,
saint Gwezheneg.
Saint
Jagut est invoqué pour soigner les fous et les possédés du démon.
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L'abbaye, étendant son influence sur toute la région, fut pillée
et détruite au Xe siècle par les envahisseurs Normands. Reconstruite le siècle
suivant, elle fut longtemps occupée par des moines s'accordant des privilèges
importants et une forme de suzeraineté qu'ils étendaient sur plusieurs
villages environnants.
En
1024, l’abbé Hinguethen restaure le monastère. L'abbaye demeure florissante
jusqu'au XVIe siècle. Elle va posséder jusqu'à quatorze prieurés, dont
deux en Angleterre et quelques vingt-deux cures à sa nomination. Une bulle
papale, promulguée à Rome par Innocent III en 1163 atteste de 27 prieurés.
Par
la suite, à travers d'autres textes nous en retrouvons plus de 35 disséminés
entre la Rance et la rivière de Morlaix dans plusieurs évêchés, plus des
droits, rentes ou terres et maisons dans 20 autres paroisses, au total ce sont
55 paroisses liées à Saint-Jacut.
La Révolution provoqua la fin de cette domination, les moines partirent et
l'abbaye fut démantelée en 1793. Devenue la propriété d'une congrégation
religieuse de Saint-Méen au XIXe siècle, elle fut transformée ensuite en
pension de famille.
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Les
autres saints
Les
compagnons d'Efflam
Saint Haran
Saint
Haran est fêté le 8 septembre.
Saint
Haran, moine irlandais, accompagnait saint Efflam. Il débarqua avec lui sur la
Lieue de Grève.
Il
s'installa dans un endroit appelé Lann Haran et il y implanta son ermitage. Cet
endroit fut ensuite appelé Saint-Haran.
La chapelle, qui date de 1706, se
trouve dans le fond de l'embouchure du Douron.
Elle
contient également une statue de saint Eversin.
Saint
Haran est invoqué pour aider les enfants à marcher. Parfois, il l'est pour
protéger les porcs.
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Saint Carré
Saint
Carré se fête le 12 juillet.
Saint
Carré, moine irlandais, accompagnait saint Efflam. Il débarqua avec lui
sur la Lieue de Grève.
Saint
Carré implanta un ermitage à Lann Carré devenu aujourd'hui le
hameau de Lancarré à Plestin-les-Grèves.
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Saint Kirio
La chapelle se
trouve à Plounérin en bordure des prairies. Une fontaine toute proche s'y
trouve également.
Le site
se situe au sommet d'une colline sur laquelle se trouve un énorme rocher, une
sorte de menhir inversé permettant au saint de se loger en dessous. Une échelle
de fer permet de monter jusqu'à la croix devant laquelle un carré été
matérialisé pour former un autel de plein air.
Saint
Kirio guérit les furoncles (la fontaine était autrefois pleine de
clous).
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Saint Kémo
Ce
saint est fêté le 13 mars.
La chapelle où il est représenté donnant la communion se trouve à Locquémeau.
Une statue de saint Kirio s'y trouve également.
On
peut visiter la fontaine qui lui est consacrée à côté de cette chapelle (en
fait, l'ancienne église du XVIe siècle).
L'église
paroissiale de Trédrez (commune proche) possède une statue de saint Kemo
datant du XVIIIe siècle.
Il
est le patron des marins pêcheurs (Locquémeau est un petit port de pêche). On
l'invoque également pour aider les enfants qui tardent à marcher.
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Saint
Nérin
Saint
Nérin est fêté le 31 mai.
Saint
Nérin est assez peu connu. Venu de Bretagne insulaire au VIIe siècle, il se
réfugia en Armorique.
Nérin
a donné son nom à Plounérin qui se trouve sur l'ancienne voie romaine reliant
Morlaix à Corseul.
Saint
Nérin est représenté dans l'église paroissiale en costume épiscopal.
Saint
Nérin ne serait pas le fondateur, l'église datant du XVe siècle mais il
existe par contre un village appelé Nérin à Plounévez-Moedec et un bâtiment
appelé Niche des Vieux Saints près du Réchou à Plounérin.
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Saint Tuder
Saint
Tuder est fêté le troisième dimanche de juillet.
Ce
saint vint en Armorique avec Efflam et ses autres compagnons.
Son
nom est à l'origine de Tréduder, commune proche de Plestin-les-Grèves, entre
le Yar et le Roscoat.
L'église
paroissiale a pour patron actuellement saint Théodore qui a remplacé saint
Tuder.
Une
fontaine monumentale du XVIe siècle lui est dédiée. Son eau guérirait les
porcs.
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Saint
Eversin
Il
aurait été également un compagnon d'Efflam.
Une
statue de saint Eversin se trouve dans la chapelle Saint-Haran.
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Autres
saints
Saint
Kireg
Il
est fêté le 17 février.
La
vie de Kirec (Guevroc, Guirec) a été révélée au public vers 1637 par
le frère Albert le Grand, un dominicain de Morlaix.
Kirec
est né au Pays de Galles.
D'origine
modeste, son éducation fut très correcte. Studieux, il aurait pu faire
un choix autre que le choix religieux. Il entra dans le monastère dirigé
par Tugdual.
Avec
soixante-dix religieux et accompagné de Tugdual, il traversa la Manche.
Un monastère fut fondé à Tréguier (Val Trecor).
A
partir de ce monastère principal, plusieurs monastères connexes
(cellules d'ermites préférant la solitude à la vie communautaire)
furent créés, dont celui de Kerfeunteun (Lanmeur) par Kirec à la
tête d'une douzaine de moines.
Le
monastère Lan-Guevroc se trouvait à l'embouchure de la rivière Menou
sur une longe de terre qui s'avançait vers la mer. L'endroit devint par
suite Locquirec : lieu consacré à Guirec.
Il
partit au bout de six ans, car il trouvait la fréquentation du lieu trop
importante, et s'établit au pays de Léon (Ploudaniel) dans une vallée
sombre appelée maintenant Traou Guevroc, un petit ermitage lui servant de
refuge.
Deux ans plus tard, sa réputation grandissant, il fut appelé par
l'évêque du Léon, saint Paul (Pol aurélien) et le seconda.
Il
se servit de signes de reconnaissance pour bâtir la chapelle Notre Dame
du Kreisker à Kastell Leon. Lors d'une visite dans le diocèse du Léon, il tomba malade
à Landerneau. Il
mourut vers 547.
Il
était réputé guérir les abcès.
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Sur
les traces de Saint Guirec
A
Locquirec
L'église
paroissiale de Locquirec, qui date des XIIe, XIIIe et XVIIe siècles,
avait saint Guirec pour patron. Elle possède une statue le représentant
en évêque avec crosse et mitre. L'église fut desservie par les
Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui la placèrent ensuite sous la
protection de saint Jacques, sans doute parce que la baie abritait l'une
des étapes sur la route du pèlerinage le plus suivi de toute la
chrétienté.
Le
calvaire du placitre remonte au XIIIe siècle. Il provient de la chapelle
du village de Linguez.
A
quelques pas de la mer, à Locquirec, la fontaine Saint Guirec abrite une
statue du saint qui peut être sollicité par les femmes des pêcheurs
pour atténuer les conséquences des tempêtes.
A
Ploumanac'h
Le
saint y aurait débarqué lors d'une visite dans la contrée. L'oratoire
Saint-Guirec du XIIe siècle est situé à cet endroit. A noter également
une fontaine guérissant les abcès et une roche en creux "Gwele Sant
Hireg" ou "lit de saint Guirec". Le menhir situé à
proximité a reçu le nom de Peulven Sant Hireg. Une statue du saint se
trouve dans l'église paroissiale.
A
noter, une tradition concernant les jeunes filles, celle qui consiste à
tenter d'enfoncer des aiguilles dans la statue du saint pour savoir si un
mariage dans l'année est à prévoir.
A
Perros-Guirec
Cette
célèbre et cossue station balnéaire porte le nom du saint, celui-ci
ayant séjourné dans la paroisse après avoir débarqué à Ploumanac'h.
La
chapelle Saint-Guirec, du XIVe siècle a été restaurée plusieurs fois.
Elle abrite une statue du saint portant la mitre.
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