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Le lin

       

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Origine

Culture du lin

Le rouissage

Le teillage

Le blanchiment

XVIIe et au XVIIe

Le lin aujourd'hui

    

    

Le lin  

        

Références  

Presse locale (Le Télégramme 3/5/06). Exposition "L'Or bleu" Landerneau 2005.

Fête de Lanvellec (novembre 2005). Institut technique du lin. "Trégor mémoire vivante N°5, Artisans et commerçants dans le Trégor à la fin du règne de Louis XV".

             

 

   

 Origine 

  

Il s'agit d'une culture ancienne qui remonte au XVe-XVIe siècle.

A cette époque, tous les agriculteurs produisaient un peu de lin, ils tissaient leur propre toile, ce qui leur permettait de vivre en autarcie. 

  

A partir du XIXe siècle la spécialisation des métiers s'accompagne d'un développement de la culture. L'agriculteur cultive, arrache, rouit et égrène le lin. Le teilleur prend le relais.

  

Les terres du Trégor étaient de qualité (le meilleures terres étaient choisies) et le rouissage possible compte tenu du climat favorable.

    

     

     

 

     

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 La culture du lin 

  

   

   

La culture du lin suppose une gestion des terres fondée sur une rotation (sur 5 ans). Le plant de lin est peu exigeant : peu de traitements, peu d'engrais.

   

Au XIXe et XXe siècle, l'exploitant possède de 30 à 50 ares en moyenne (autour d'un 1/2 hectare) soit l'équivalent d'une journée de travail de labour avec des chevaux.

   

Chaque exploitant possède son lavoir, c'est une des raisons pour laquelle certaines zones en possèdent autant.

  

Le lin est planté à la mi-avril. Il est arraché à la mi-juillet.

Le rouissage au sol dure 1 mois. puis le lin part dans les teillages.

   

   

L'arrachage a lieu aux environs du 14 Juillet. Quand les capsules arrivent à maturité, c'est le bon moment. 

On dit "Hennez' zo o ruzvolc'h, mat a da dennan.

Cela signifie qu'il est à point et qu'il faut l'arracher.   

"Miz Even, a ra al lin,

Miz Gouere her gra fin."

"Juin fait le lin,

Juillet le rend fin."

Le travail est pénible car il se fait à la main. Les poignées de lin  arrachées sont couchées sur le sol.

   

 

   

   

 

    

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Le rouissage

  

Le rouissage élimine les gommes et les résines de la tige qui lient les fibres au bois intérieur et les fibres entre elles. Il se fonde sur l'action de bactéries et des moisissures.

   

En 1850, le Trégor comptait 3600 bassins de rouissage. 

Vers la fin du XIXe siècle ils sont abandonnés suite à une interdiction. 

Le rouissage à l'eau fait place au rouissage au sol. 

  

   

Les routoirs (ou "poul-in") étaient bâtis en pierres sèches maçonnées avec de la terre, disposant d'un fond pavé ou utilisant directement la roche mère. 

Le bassin était rempli de bottes de lin sur lequel on disposait des planches. Des galets étaient ensuite posés. L'eau pénétrait ensuite et stagnait pendant 2 à 3 semaines.

  L'eau prenait un couleur jaunâtre et dégageait une odeur nauséabonde et nocive. Les bassins étaient situés près d'une source mais restaient éloignés des habitations du fait de l'odeur pestilentielle dégagée. Les odeurs incommodaient non seulement les habitants mais aussi les animaux. 

   

     

Les routoirs ont été selon le cas,  comblés, démontés, transformés en lavoirs, en cressonnières ou encore en piscicultures. 

   

 

     

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 Le teillage 

  

Le teillage consiste à séparer la fibre de la paille. Il achève la séparation entre les éléments fibreux et les éléments ligneux cette fois au moyen d'une machine.

   

Il se décompose en 2 phases : tout d'abord le broyage écrase le bois des fibres et dégage la fibre, puis le teillage proprement dit élimine la chènevote pour ne garder que les longues fibres qui seront encore épurées par des peignages grossiers. 

  

Tout ceci donne le lin teillé ou filasse qui est expédié vers les filatures du Nord de la France : Roubaix, Lille..

          

Les teillages sont surtout familiaux avec 4 à 5 ouvriers. 

Dans les années 1935-1940, certains teillages comptaient jusqu'à 40 ouvriers. 

Dans certains endroits du Trégor (entre le Jaudy et le Guindy), on comptait plus de 30 teillages à eau.

     

      

  

 

   

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Le blanchiment (kanndi)

  

  

"Kanndi" est mot breton signifiant "blanchisserie".

C'est un lieu qui sert au blanchiment du fil de lin.

  

Il est alimenté par une source ou un ruisseau. Il comporte 1 ou 2 cheminées, un "doué", 1 à 4 cuves en pierre ou en bois.

   

L'eau courante alimente directement le "doué" qui est constitué sur ses 4 côtés de dalles d'ardoises et qui est couvert avec, posées en travers, 2 ou 3 dalles de schistes, les repamoirs.

  

La longueur de la buanderie varie de 5 à 13 mètres.

   

  

L'eau préalablement chauffée dans l'âtre, est versée dans les cuves en pierre ou en bois. Les buandiers y mettent les fils écrus et de la charrée, c'est-à-dire de la cendre de bois de hêtre qui sert de lessive.

Quand les fils sont bien imprégnés par la potasse contenue dans la cendre, on les rince et on les étend sur les cordes du courtil à fil "liorz-an-neud" où ils sont régulièrement retournés. 

L'opération est répétée tous les 10 à 15 jours pendant la belle saison.

Les fils reçoivent ainsi de 3 à 9 "buées" selon le degré de blancheur et de finesse du fil, que l'on veut obtenir. 

   

Assez loin des maisons d'habitation, dans les buanderies ou sur les courtils, les fils ne peuvent que tenter les voleurs. Aussi sont-ils surveillés par des domestiques parfois armés d'un fusil.

Il y a des couchettes dans le kanndi et des logettes dans le courtil à fil.

   

     

 

      

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 Le lin au XVIIe et au XVIIIe   

   

   

Exportation via Toul an Héry

   

A Plestin-les-Grèves, Toul an Hery, petit port de pêche, devint un port de commerce à l'époque ducale. 

     

Au XVIIe siècle, c'était un lieu d'exportation de toiles de lin et d'orge vers la Grande-Bretagne et la péninsule ibérique.

La culture du lin et la fabrique de toiles apportèrent la prospérité aux propriétaires des terres de la région et aux armateurs, cette activité entraînant un commerce enrichissant au moins jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

      

Répartis sur les rives gauche (Finistère) et droite (Côtes d'Armor) de l'embouchure du Douron, les châteaux de Kergadiou et de l'Ile Blanche, les manoirs de la Tour d'Argent, du Petit Locrénan, du Puill et de Beauport témoignent toujours de cette époque florissante.

   

    

   

L'industrie textile du Trégor sous Louis XV

   

("Trégor mémoire vivante N°5, Artisans et commerçants dans le Trégor à la fin du règne de Louis XV" par Thierry Muller).

  

En 1767, l'industrie textile du Trégor est florissante. Elle tient une part prépondérante (29%) au niveau de l'activité (artisanat, commerce) : 128 tisserands, 111 filotiers, 49 cardeurs et fileurs de laine). On compte 162 couturiers-tailleurs.

  

Cela s'explique par l'existence de matières premières de qualité supérieure (lin et chanvre, plus beaux que partout ailleurs) et par l'adaptation de cette industrie à la structure rurale du Trégor : le tissage des toiles et voiles, la fabrication d'étoffes de laine grossière peuvent se pratiquer à domicile en complément d'une activité agricole.

 

La moitié des tisserands trégorrois sont disséminés dans les différentes paroisses rurales, tandis que l'autre moitié est installée dans les villes parmi lesquelles Guingamp tient une place de choix (le quart des effectifs de la profession).

  

Les tailleurs jouent une place centrale puisque cette profession représente à elle seule 10% des artisans (1er rang des effectifs absolus). Les couturiers sont des personnages importants de la société rurale bretonne traditionnelle car ils sont présents dans les villes et aussi en grand nombre dans les bourgs.

  

En 2006, le dernier tailleur en activité dans le canton vit à Plestin-les-Grèves où il possède un petit atelier Place de la Mairie.

   

   

 

     

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 Le lin aujourd'hui 

  

A partir de 1953, la culture du lin diminue de plus en plus en Bretagne. La production se déplace en Normandie et dans le Nord de la France (voir ci-dessous).

Les raisons : la faible taille des teillages bretons et aussi la concurrence croissante du coton puis l'apparition des fibres synthétiques.

  

Depuis une quinzaine d'années le lin sélectionné pour la graine se développe en Bretagne. Il ne faut pas oublier que le lin est un oléagineux et, qu'en dehors de la fabrication de l'huile, certaines vertus thérapeutiques de la graine de lin commencent à être reconnues. 

     

     

Le lin

      

(source : Institut Technique du Lin)

       

- Arrachage : Le lin est arraché avec des matériels dédiés lorsque les plantes possèdent encore quelques feuilles à leur sommet et que les capsules deviennent jaune-brun. Des andains sont formées dans les champs, les tiges étant maintenues couchées en rangs parallèles.

- Le Rouissage à terre : Le rouissage consiste en la dégradation des tiges sous l'action des microorganismes du sol (champignons, bactéries). Il a pour but de favoriser l'extraction ultérieure des fibres. Le rouissage commence dès les premières pluies. Il est favorisé par la combinaison de l'eau et du soleil. Sa durée peut varier entre 2 semaines et 3 mois. Le retournage des pailles est nécessaire au bon déroulement du rouissage à terre. Au cours du rouissage, l'écapsulage est souvent pratiqué pour la production de semences (graines destinées à être semées la saison suivante). On arrache et on bat les capsules contenant les graines. 

- L'enroulage et le stockage des pailles : Lorsque les pailles sont rouies (taux d'humidité inférieur à 15%), elles sont rassemblées et roulées en boules qui sont transportées et stockées jusqu'à l'extraction des fibres. Elles se conservent longtemps sans se dégrader.

 

   

Le lin d'Europe Occidentale est traditionnellement reconnu comme le meilleur du monde. Il utilise les terres les plus adaptées, un savoir-faire inégalé et renouvelé par l'apport des technologies modernes. Les terres à lin se trouvent principalement en France, en Belgique, et aux Pays-Bas, pour une surface totale de l'ordre de 80 000 hectares.

   

La France, réputée pour produire les lins de plus belle qualité, est le premier producteur mondial. Les producteurs sont au nombre de 6.000. 

Cultivé prioritairement dans les régions tempérées à influence maritime, en Ile de France, dans le Nord, la Picardie et surtout en Normandie, le lin français a représenté 55 000 hectares en 2000 et a généré quelques 800 millions de francs d'excédent commercial à l'exportation vers l'Amérique du Nord, l'Italie ou la Chine qui apprécient ses qualités.

   

Le lin français est teillé dans une trentaine d'unités agro-industrielles hautement spécialisées. Les fibres sont ensuite valorisées par une vingtaine de filatures en Chine, en Italie, en Irlande du Nord, en Belgique, en Autriche et en Allemagne, pour une production de fils très diversifiée de l'ordre de 30.000 tonnes.

   

L'Europe de l'Ouest occupe une place prépondérante dans la transformation de fils en articles tissés et tricotés, grâce à la créativité de ses industriels. Les unités de tissage ou de tricotage les plus spécialisées se trouvent essentiellement en Italie, en France, en Belgique, en Irlande du Nord, en Allemagne, en Autriche, en Espagne et en Suisse.

  

De la production de matière première au tissage et au tricotage, l'ensemble de la filière lin représente environ 45 000 emplois directs et indirects dans toute l'Europe de l'Ouest. Il convient d'ajouter une balance commerciale globalement excédentaire à tous les stades, directement liée aux exportations sur le marché international des produits les plus élaborés.

   

    

Les fibres de lin sont appréciées pour leur nervosité, pour leurs reflets lumineux et leur exceptionnelle capacité d'absorption qui donnent un confort unique à ceux qui portent les vêtements qu'elles composent.

   Leurs autres propriétés : souplesse, résistance aux tensions et à l'usure,  leurs confèrent la possibilité d'investir d'autres marchés par une gamme croissante d'utilisations non vestimentaires (linge de maison et de lit, décoration intérieure, produits isolants, matériaux composites, ameublement).

Aujourd'hui, le textile-habillement représente 56% des débouchés des fibres, le linge de maison et de lit 19%, les usages techniques 16%, l'ameublement 9%.

   

Les graines issues du lin fibre, hors production de semences, subissent une trituration pour en extraire l'huile. 

Celle-ci sert notamment de matière première pour la fabrication de couleurs à l'huile et à la résine alkyde, d'encres d'imprimerie, de savon lubrifiant, de linoléum et de mastic.

   

 

     

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