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Noms
de famille à Plestin
La
classification par thèmes d'Albert Deshayes peut être
utilisée. Egalement,
il faut citer la conférence tenue à Ti an Holl
(Plestin-les-Grèves) par Léon Fleuriot. L'histoire
locale constitue une précieuse source d'information : études de
Joachim Darsel ("La paroisse de Plestin au XVIIe
siècle"), Yves Coativy et Anne-Marie Moretti ("Naître,
vivre et mourir à Plestin au XVIIIe siècle").
A
priori, les noms de Jestin, Gestin, Efflam,
Trémel pourraient
utilisés fréquemment dans la région. Cela
n'est pas vraiment le cas. Albert
Deshayes rappelle que le nom latin Iustinus, emprunté
antérieurement aux émigrations bretonnes en Armorique, a
évolué en Iostin en 868 et Iestin vers 1063-1076. Le
nom porté par le saint moine breton a donné son nom à
Plestin, paroisse sous le nom de PleGestin en 1086 et 1163 (la
chapelle Saint Gestin, située près de la ferme de Pen ar
Vern est aujourd'hui en ruines). Un
village finistérien porte le nom de LanIstin, nom qui
correspond à LLanYestin au Pays de Galles dans le Comté d'Arfon.
C'est peut-être un lieu lié aux origines de saint Jestin. Iestin
a évolué en Jestin, Gestin et Istin du XVe au XVIIe siècle.
Les noms des familles correspondantes sont aujourd'hui
essentiellement des familles du Finistère. Le
nom de famille Trémel est attesté anciennement et est
toujours bien présent, non seulement dans le Trégor, mais
aussi dans le Finistère, le Morbihan et l'Ile et Vilaine.
Il ne faut pas s'en étonner car Maël (Mel(l) veut dire
Prince, Chef. Efflam
a supplanté Jestin dans la prééminence de l'église
plestinaise. Il le supplante encore dans les noms de familles
trégorroises. Le nom latinisé Euflami serait composé du
préfixe "eu" ou "bon" et de "flam"
ou "rouge, ardent, brillant".
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Noms
de guerriers Dans
la société celtique, des noms sont synonymes de haute importance
et de considération reconnue. Le
Meur : supérieur, suprême, auguste, est un nom toujours utilisé
dans le breton d'aujourd'hui même si son emploi s'est un peu
effacé devant Le Bras. Morvan
était celui qui se portait toujours à l'assaut et devant. Menguy,
Tanguy, Guyomarc'h se rapportent à des valeureux guerriers, le mot
"Ki" désignant le guerrier. Guyomarc'h est reconnu digne
de partir à l'assaut avec un bon cheval (Marc'h). Marrec
se rapporte à un cavalier d'élite. Cadran
signifie puissance, force, courage. Les
noms terminés en Iou portent des symboles guerriers. Cadiou
: se rapporte au combattant, Coriou au guerrier, Piriou est de
caractère princier. Les
Ropars ou Ropartz partagent le sens de la gloire. Fégeant
se rapporte à la foi et à la croyance. Thérézien
est légitime, Hingant vénérable, Menou est sage et
clairvoyant.
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Particularités
physiques Les
Tallec ont le front large, les
Lagadec(ou) de grands yeux globuleux, les
Gueuziec(Guéziec) de grosses lèvres. Les
Lézec sont forts des hanches et ont les reins solides, les
Bohec sont joufflus tandis que les Bonniec sont
trapus. Les
Garrec ont les jambes fortes, les paumes des mains des Bozec
sont larges, quant aux Dantec, ils ont toutes leurs
dents. Les
Cudennec ont les cheveux bouclés (autre version, ils
seraient sombres, si ce n'est sournois). Les
Guélou sont roux, les Moal sont chauves et Le
Bris "tachetés ou bariolés". Les
Le Guen blancs, les Le Du noirs.
La taille, la force et la corpulence permettent un classement
des plus petits aux plus grands. Le
Corre est de très petite taille, Le Bihan(nic) est
petit. Les
Le Bras, Le Meur(Meuric) sont grands ou
importants (voir ci-dessus). Les
Le Berre(Berric) sont courts, les Fiblec,
Fournis, Lahellec, Thos sont trapus,
forts, bien charpentés donc solides. Certains
noms se rapportent à des infirmités. Le
Cam est boîteux, Le Mogne (Moing) est
manchot, Le Crom courbé, voûté, enfin Le Gac
est bègue. D'autres
noms peuvent être doublement interprétés. Le Bizec
est de couleur gris ou encore est pourvu de doigts forts et
puissants. Morellec
dérive de Morel. Le vieux français utilisait le terme
Mor pour désigner la couleur brune, issu du latin médiéval
Maure, autre nom donné aux sarrasins.
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Qualités
et défauts Les
Foll (Follorou, Folcalvez) ont une conduite
légère, frivole. Le
Houérou est amer, Scornet est froid, glacé et L'Horset
engourdi. Le
Queffrinec est secret, mystérieux tandis que Scrignac
ricane. Joncour
serait nigaud ou niais, Lous est sale, Mouzer est
boudeur, Pichodou maniaque, Malledant et Mallégol
sont indésirables.
Les Lasbleiz (Lasbleis) sont des tueurs de loups, sans
doute intrépides. Le
Mener est demandeur et toujours volontaire. Le Balc'h est
âpre, rude et fier. Braouézec
est vif de caractère, parfois emporté. Lacut est
habile, Millour galant et Le Mat, toujours bon. Guinamant
a toutes les qualités : Issu de Winaman (nom ancien), il est formé
de Win (ami) et de Man (homme).
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Statuts,
métiers En
breton Gall désigne à l'origine un étranger et par
extension le français. En irlandais, ce même mot s'applique
à l'anglais. En gallois, il désigne l'ennemi. Le mot peut
s'appliquer à un Breton qui sait parler français. Dans
toutes les langues celtiques, Gal a surtout le sens de
bravoure, exploit, ardeur... Yaouanc
est le jeune ou est jeune marié, Le Deunff est le
gendre. Lintanf
est veuf, Le Coz est vieux, marié tard voire un
enfant de vieux. Hénaff est un superlatif pour ancien
ou vieux. Les
métiers de la terre, les spécialités artisanales sont bien
établies et définies dans le statut social féodal. Le
Gonidec est cultivateur, journalier. Les Le Guicher,
Falher, Falchier, Faoulher, Faujour
sont des faucheurs. Le
Merre est un métayer. Les
Corvez sont tenus d'fefectuer des travaux, des corvées
(entretien des routes, curage des douves des châteaux...). Le
Carluer est carreleur, Neuder filotier, Guyader
tisserand. Jointer
est menuisier, Leizour est celui qui charge tandis que Poder
est potier.
Parcheminer prépare ou vend le parchemin. Quéguiner
est cuisinier, Quéré cordonnier, Quiguer
boucher, Sidaner est marchand de soie. Tocquer
est chapelier, Troquer sans doute brocanteur, Calvez
est charpentier. Brigant(d)
est soldat à pied, Le Goff(ic) ou Marichal
forgeron et maréchal-ferrand. Barazer
est tonnelier, Boustouler, Boutouiller échanson
et caviste, Le Bars (Barzic) est poète et
ménétrier, Le Muzic est évidemment musicien. Cillard
est celui qui utilise une faucille (ou qui cligne des yeux). Le
Fustec peut être tonnelier, batteur de blé (ou
simplement avoir de grandes jambes). Hamon
et Herry sont des formes bretonnes du vieux nom
germanique (toit, maison), signe d'hospitalité et de
solidarité.
Goasduff
est le serviteur noir (mauvais serviteur ?) tandis que Goasguen
est le serviteur blanc (bon serviteur ?). Dans
le monde civil et religieux, chacun est situé dans une
hiérarchie bien définie et y remplit son rôle. Floc'h
(Flohic) est écuyer, Goaréguer archer, Bescont(d)
est vicomte. Lissilour
désigne un homme chassé de son pays ou exilé. Diguerher
n'est plus emprisonné, Digarcher est libre. Le
Lay est religieux, croyant. Goasdoué (Goas est le
serviteur) est le serviteur de Dieu. Manac'h
est un moine. Le Quéniat est un chantre à l'église. Le
Bellec est le prêtre, homme d'église ; avant d'y
accéder il était Cloarec (clerc) ou Scolan
i.e. étudiant au séminaire. Il est ensuite Diagon
(diacre) avant d'être ordonné prêtre. Il pourra devenir Person
(recteur de paroisse) ou encore Lardiagon (curé
archidiacre) ou encore Escob i.e. évêque.
Préfixe
Ab Il
se rencontre dans des patronymes comme Abjean, Abgrall,
Abhervé, Abiven... et évoque la filiation au
sens "fils de". Ce
principe est universel que ce soit en préfixe :
"O'" en Irlande (O'Brien), "Mac" en
Ecosse (Mac Intosh) ou encore en suffixe :
"son" anglais, "sen" danois, "sohn"
allemand, "es" portuguais, "ez"
espagnol, "ov" russe, "poulos" grec,
"ian" arménien, "oglu" turc... |
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Surnoms,
sobriquets Les
surnoms et sobriquets ont fleuri au gré de l'imagination et des
situations humoristiques. Les noms animaux ont été maintes fois
utilisés. Lapous
est l'oiseau, Le Dret un étourneau, L'Hévéder une
alouette, Le Pichon est le pigeon et Toudic un hibou. Le
Courriard est la perdrix, Le Polès une poulette, Quilliec
un coq, Cabon le chapon et Coail la caille. Tallegas
pourrait désigner un matou, Le Menn un petit d'animal
(chevreau, agneau...), Cosléou est un taurillon, Le Noan(nès)
un agneau et Le Carou est un cerf. Guillou(x)
est le troisième nom le plus porté en Bretagne. C'est le surnom
donné au loup.
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Ker
des XIIIe et XIV siècles A
cette époque, les noms de lieux commençant par ce préfixe
ont proliféré et ont donné de nouveaux noms de familles.
Sauf exception, Ker ne désigne pas une ferme isolée
mais tout un village de maisons rurales généralement clos,
soit par un fossé, un talus ou le cas échéant par une
palissade. Par la suite, Ker a désigné un lieu habité et
cultivé. Ker
s'associe avec un nom de famille. Kerambrun
est Ker associé avec Le Brun. De la même façon on trouve Kerampichon,
Keraudren, Kerboriou, Kergariou, Kerharo,
Kernoa, Kerjean, Kerlirzin, Kernec,
Kergoat...
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Les
noms les plus utilisés
En
Bretagne
Le
Gall, Le Goff et Le Roux
Dans les Côtes d'Armor
Hamon,
Hervé et Le Roux
Dans
le Finistère
Le
Gall, Le Goff et Le Roux
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