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"Plistin"
: un peu d'histoire
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"Plistin" en breton (dérivé de "Plou"
ou "Ple" "Jestin") signifie
la paroisse de l'ermite
Jestin
(on rencontre les appellations suivantes : Plegestin en 1086, en 1163 ; Plestin
en 1292, en 1330 ; Ploegestin en
1481).
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Il
faut remonter jusqu'à il y a plus de 300 000 ans car la présence humaine y a laissé de nombreuses traces.
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Les
Celtes, organisés en peuples, sont présents vers 500 av. J.C.
Plestin
appartient au peuple des Osismes dont Carhaix est le point central.
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En
56 av. J.C., les romains occupent l'armorique.
De nombreux témoignages de la
civilisation gallo-romaine ont résisté au temps : monnaies, le temple de
Coz-Ilis et les thermes du Hogolo situés en fond de baie de Locquirec et dont
la restauration récente permet au visiteur de comprendre ce que fut cette
première forme de thalassothérapie.
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Plus tard, les
Bretons (de l'île de Bretagne : la Grande-Bretagne), chassés par les
envahisseurs Saxons, Angles et Jutes, traversèrent la Manche pour venir, par petits groupes,
se réfugier et s'établir en Armorique.
Certains, dont Efflam et ses sept saints compagnons,
débarquèrent sur la Lieue de Grève et s'installèrent dans le pays,
notamment sur le plateau qui domine la baie.
Ils trouvèrent sur place de
nombreuses traces de l'occupation des Romains qu'ils utilisèrent au mieux.
La
zone de peuplement ainsi définie fut la partie orientale entre le Yar et la
petite rivière de Lancarré.
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Le pays a été converti au christianisme au VI ème
siècle par l'ermite Gestin et par le prince irlandais Saint Efflam.
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Plestin (-les-Grèves) est une contraction de
Ple Gestin et signifie paroisse de Gestin ou Jestin.
Ce dernier était un pieux solitaire qui vécut dans ce
pays au VIe siècle, et y mena une vie exemplaire, que la paroisse
consacra en prenant son nom.
Il avait élevé un oratoire et une
cellule qu’il fut forcé d’abandonner pendant un voyage qu’il fit à Rome. A son
retour, il retrouva sa cellule, mais elle était habitée par Saint Efflam, qui
voulut la lui rendre. Gestin s’y opposa, et les deux saints vécurent ensemble à
partir de ce moment.
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Le
"Plou" de Gestin, domaine privé d'une superficie de plus de 4500
hectares, fut ensuite divisé en trèves ("trévou") et le
demeurera jusqu'à la fin de l'ancien régime (où ils furent baptisés en
"sections").
Ces trèves étaient des établissements agricoles
puis devinrent des villages qui désignaient des représentants au général
de la paroisse (équivalent du conseil municipal).
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En 1096, il existe
"quedam terra quae vocatur Plegestin" (Mor., Pr; I, 46). Plestin était une paroisse importante du diocèse de Tréguier dès 1330 (Procès de
canonisation de saint Yves).
L'ancienne paroisse de
Plestin dépendait
de l'évêché de Tréguier, de la subdélégation et du ressort de Morlaix.
Elle
relevait du roi et avait pour trève Trémel. La cure était à l'alternative. Elle
possédait jadis une haute juridiction appartenant à la comtesse de Labédoyère et
ressortissant de la sénéchaussée de Guingamp.
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En 1424, elle avait pour seigneur
Jean de Penhoët, chambellan et amiral de Bretagne, et c'est en sa faveur que
Plestin fut transféré de la cour de Guingamp à celle de Morlaix par
lettres du duc Jean V, données le 8 juin 1425.
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Le 12 mai 1590,
à l'époque de la Ligue, la paroisse de
Plestin
eut dix-sept de ses miliciens tués sur la Lieue de Grève par la garnison
royaliste du château de Tonquédec et fut ensuite pillée.
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Pendant
l'hiver on vit défiler à Morlaix la plupart des nobles du Trégor
qui venaient jurer l'Union : le seigneur de Coatcarric, le seigneur
de Coatromarc'h, le seigneur de la Rivière et ses fils,, le
seigneur de Kermabusson...
Placé
à la frontière du pays ligueur, Plestin se devait d'avoir une
milice. Elle eut le malheur de rencontrer en terrain découvert, sur
la lieue de grève, un raid de soudards de Tonquédec.
La conséquence
: un massacre.
Pour
les soldats royaux, Plestin est le pays ennemi, donc bon à piller
: nouveau massacre le trois juillet entre la lande de Breffes et le
bourg de Plestin, près du Mac'hallac'h. Dix-sept maisons sont brûlées.
Quatre jours plus tard, une trentaine de maison flambent. La
guerre apporte la famine, les pauvres n'ayant pour refuge que les
buissons où ils subsistaient tant bien que mal et finissaient
souvent par mourir.
On
dit même que les loups les trouvant morts, ils s'accoutumèrent
ainsi à la chair humaine si bien qu'ensuite, pendant sept à huit
ans, ils attaquèrent les hommes même armés et personne n'osait
aller seul.
Cependant
la situation politique évoluait. Le roi s'était se convertit au
catholicisme le 25 juillet 1593 et la rébellion perdait son
meilleur motif, chacun désirait la paix. En 1594, la maréchal d'Aumont
reçut du roi la mission d'en finir : il partit du Nord de la
Bretagne, prit Guingamp et la château de Ploumanac'h et marcha sur
Morlaix. La ville fut soumise aussitôt, la garnison ligueuse tînt
cependant jusqu'au 22 septembre.
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En 1675, lors de la
révolte du Papier Timbré, il y eut des troubles à Plestin.
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En
1789, Plestin avec sa trève Trémel comptait près de 5000 habitants et
connaissait une prospérité relative. Des cultivateurs aisés produisaient en
abondance des céréales, du chanvre et du lin qu'ils écoulaient aux foires et
marchés locaux.
A
noter que ce commerce se poursuivit après la révolution et l'Empire avec cette
fois des débouchés vers l'extérieur, via le port de Toul an Hery. Douze à
quinze barques de pêches s'y trouvaient.
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La
première municipalité s'installa le 6 février 1791, le jour même du vote
de la constitution civile du clergé.
Le
23 janvier 1792, la nouvelle administration énumérait les chapelles
subsistant sur le territoire de Plestin et Trémel. L'année suivante, ces
édifices étaient confisqués et fermés. Le 17 décembre 1793, l'ordre fut
donné de faire disparaître de l'église et des chapelles tous signes
honorifiques ; on descendit les cloches, on brûla les titres féodaux de
Lesmaes et plusieurs nobles (Vincent du Trévou, les demoiselles Bizien du
Lézard) furent arrêtés et emprisonnés à Lannion.
Le clergé de Plestin
prêta serment de fidélité à la nouvelle constitution. Le culte ne fut
rétabli officiellement qu'en 1803.
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Les
révolutions de 1830 et de 1848 réveillèrent les anciennes querelles
politiques. Il en résulta quelques troubles qui incitèrent le maire à
réclamer l'établissement à Plestin d'une demi-brigade de gendarmerie.
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Plestin, ancienne paroisse primitive,
ne formait d'abord qu'une seule
commune avec Trémel, qui en est détaché par la loi du 30 août 1838.
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D'une
façon générale, au XIXe siècle, la commune connut un calme qui facilita son
développement économique : les terres étaient travaillées avec soin, les
vingt-sept moulins, dont deux à vent, tournent à plein temps, les port de Toul
an Hery expédie des produits du canton à Lannion, Tréguier, Morlaix et
Bordeaux. Deux brigades de douaniers y sont implantés : une brigade
volante au bourg et une brigade sédentaire à Toul an Hery (trois lieutenants,
un sous-lieutenant, dix préposés).
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Le nom de
Plestin est changé en celui de Plestin-les-Grèves par le décret du
7 juillet 1884.
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Au
début du XXe siècle, Plestin-les-Grèves était
considérée comme un lieu touristique et bénéficia du développement des
chemins de fer (1905-1934), puis du transport automobile.
C'est ainsi que le quartier de Saint-
Efflam se développa en bordure Ouest de la Lieue de Grève, tout d'abord
timidement par l'ouverture de l'Hôtel de la plage et l'implantation de
quelques cabines.
Cet
essor fut ralenti par les guerres mondiales de la première moitié du XXe
siècle.
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A
partir des années cinquante, la vocation touristique fut confortée tandis
que dans le même temps le développement de l'agriculture reprenait pour
atteindre des sommets dans les années quatre-vingt après une véritable
révolution qui a entraîné, comme partout en Bretagne, un profond
changement des méthodes de travail et le départ d'un grand nombre
d'agriculteurs (changement de métier, retraite...).
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Cette
fin de XXe siècle a vu également une profonde mutation du commerce.
L'arrivée des grandes surfaces (Morlaix, Lannion) et des moyennes surfaces
(Plestin-les-Grèves, Lanmeur) a entraîné le départ d'une partie des
petits commerces.
Plestin-les-Grèves ayant une zone d'influence élargie au
canton, la commune a bénéficié d'une activité commerciale locale
suffisamment variée et attractive conciliant artisanat et petit commerce
spécialisé, moyenne surface. Le succès du marché dominical ne se dément
pas.
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Commune
rurale dans un canton rural, commodités et services disponibles, facilités
de communication, commerces variés sur place et très faible
industrialisation, tourisme d'été maîtrisé, bord de mer et campagne
agréables, climat très tempéré : le contexte s'est révélé favorable
au développement d'un mode résidentiel du type dortoir et à
l'installation de nombreux retraités (près d'un tiers de la
population).
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Aujourd'hui,
Plestin-les-Grèves est une commune de 3500 habitants. Chef-lieu de canton, elle dépend de l'arrondissement de
Lannion et du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne).
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