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Références
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"Patrimoines et histoire du pays de Plestin" de J.
Boutouiller (Centre culturel de Plestin - 2002). "Le
Douron & Toul an Hery, vie et histoire d'un estuaire au pays de
Plestin et de Locquirec" de P. Gouaislin, J. Boutouiller, R. Le
Deunff (Centre culturel de Plestin 1998).
"Une presqu'île en Bretagne, Locquirec" de R. Le
Deunff Imprimerie de Bretagne à Morlaix 2003..
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Civilisation
des tumulus
2000
ans à 1700
ans av. J.C : la civilisation des tumulus se développe progressivement
marquant la fin de l'ère néolithique.
Les
populations sont hiérarchisées comme le montre les sépultures de
l'époque : tumulus à usage unique pour les chefs (princes) avec riche
mobilier, tombeaux plus modestes pour les autres.
Au départ, les techniques utilisées s'appuient sur les connaissances
issues du passé néolithique (dalles, pierres).
Vers
1000 ans av. J.C. de nouvelles pratiques funéraires vont être utilisées
: incinération des morts, inhumation dans des urnes et constitution de
"champs".
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Les tumulus
Les
tumulus sont des tertres volumineux de pierre ou de terre qui recouvrent
une sépulture individuelle. Ils ont en moyenne cinq mètres de hauteur
pour vingt à trente mètres de diamètre. Les chefs guerriers et les princesses y
sont enterrés avec
leurs armes et objets précieux. NOTE
: La construction de tumulus n'est pas spécifique à l'Armorique.
En fait, cette pratique était courante en Europe et même en
Afrique (par exemple au Niger). Même si les techniques peuvent
être relativement variées (chambre funéraire creusée ou non,
forme extérieure), l'allure générale reste remarquablement
constante.
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Structure
d'un tumulus
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La
région de Plestin en compte plusieurs répartis sur plusieurs communes.
Ils s'ajoutent aux autres témoignages laissés par l'homme : dolmens,
menhirs, urnes, tombes...
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Allée
couverte et dolmen de Trégastel |
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Dans la région, les tumulus de Runmedon
à Ploumilliau et celui de Porz ar Saoz à Trémel ont des
caractéristiques voisines (hauteur de l'ordre de cinq mètres, diamètre
d'environ vingt-cinq mètres). De nombreux objets y ont été retrouvés.
Près du tumulus du
Roudoulu, ont été
trouvés deux objets d'orfèvrerie : un vase-gobelet (douze centimètres
de haut pour dix centimètres de large) et une cuiller en or (exemplaire
unique).
Le vase-gobelet est identique par sa fabrication à un
vase-gobelet du tumulus de Saint Adrien en Bourbriac et identique à des
vases précieux du Sud-Ouest de la Grande-Bretagne (ce qui montre qu'il
pouvait exister des liens par mer déjà à l'âge des métaux).
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Le
tumulus de Runmedon à Ploumilliau
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Il
a été fouillé
en 1903.
Il
devait avoir cinq mètres de haut pour vingt-cinq mètres de
diamètre. Au centre, sous une dalle de terre, entre deux dalles de
granit, un cairn formé de moellons granitiques protégeait une
tombe individuelle ou un cercueil en bois.
Le
mobilier funéraire était essentiellement en bronze : poignards
triangulaires à six rivets aux manches en bois ou en os avec
fourreau en bois et cuir. Une épée (ou glaive) à six rivets, à
manche d'os, à lame longue de quarante-deux centimètres dans un
fourreau en bois. Une petite hache à rebords. Un "piton"
ou épingle à tête en anneau. Vingt-cinq points de flèches en
silex de vingt à trente millimètres de long, de seize à vingt
millimètres de large.
Aucune
des armes de Runmedon n'a montré de présence de décoration par
des clous en or trouvés dans d'autres tumulus, comma à Trémel.
L'architecture
soignée du caveau et la richesse des objets déposés témoignent
de la puissance et de la richesse du défunt, visiblement un chef
guerrier qui se fait inhumer accompagné de ses armes et de ses
bijoux.
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Le
tumulus de Porz-ar-Saoz à Trémel
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En
1875, l'abbé Prigent a découvert et étudié un tumulus appelé
"Cour des saxons".
Il
mesurait classiquement cinq mètres de haut pour vingt-cinq mètres
de diamètre. Son caveau mesurait trois mètres de haut et de long
sur un mètre de largeur.
Le
mobilier funéraire était riche et décoré.
Bronze
: quatre poignards rivetés dans un coffre en bois, dans des
fourreaux en écorce et cuir. Un poignard était décoré par des
clous en or fixés sur son manche en bois. Une hache dans une boîte
en bois.
Silex
: vingt-neuf pointes de flèches d'une grande finesse.
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Parentés
entre Wessex et Armorique
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L'archéologue
Jacques Briard, historien de l'âge du bronze en Europe, a conclu
que "par l'ampleur de leur même architecture et la richesse de
leurs mobiliers similaires...", avec la même originale
décoration des fourreaux et des manches en bois des poignards par
de minuscules clous en or disposés géométriquement, les tumulus
du Wessex en Grande-Bretagne et ceux d'Armorique présentent de
grandes parentés.
Ils
correspondent de 1900 à 1600 av. J.C. à la même aristocratie dont
le pouvoir reposait en grande partie sur le contrôle de nouvelles
richesses de l'industrie du bronze. De mêmes groupes humains issus
de l'Europe du Nord.
La
Mer du Nord, la Manche (longtemps appelée "Mer de
Bretagne") sont déjà à l'âge du bronze, des lieux
d'échanges privilégiés pour l'Armorique (ambre, or, étain,
cuivre, objets et produits manufacturés...).
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Les
tombes-coffres
1800
ans av. J.C. La tombe-coffre découverte en 1960 dans la presqu'île de
l'Armorique, près de Kervigné, est celle d'une jeune fille : la jeune femme de
Kervigné, première
plestinaise connue.
Cette
tombe n'est pas isolée, dans la région, sept tombes ont été
découvertes à Locquirec : Ile Blanche près de Toul an Hery (deux tombes),
Kermarquer, Kerboulic... D'autres tombes ont été découvertes à Guimaec
près de Locquirec.
Les tombe-coffres découvertes à
l'Ile Blanche datent
de 1800 à 1500 av. J.C. Elles ont
été déplacées et se trouvent maintenant dans un champ cultivé et
disposées selon leur orientation Nord-Ouest / Sud-Ouest.
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Les
tombes-coffres
La
tombe coffre est formée de cinq dalles de schiste de Locquirec. Ces
dalles sont taillées avec soin pour s'ajuster parfaitement. Les
parois longitudinales sont légèrement inclinées vers
l'intérieur. Une dalle est installée au fond. A
l'intérieur se trouvent les restes partiellement conservés d'une jeune
femme d'assez grande taille (1,65 m) qui reposait sur la roche du
sous-sol, la tête protégée sur un "coussin" de sable de mer
(avec fragments de coquilles et de moules)
près de fragments de charbon de bois et des tessons de poterie. Toutes
les tombes trouvées dans la région sont assez semblables. L'emploi
du schiste calcareux et de sable coquillier calcaire a permis la
conservation de squelettes souvent en position recroquevillée (en
"chien de fusil") ou en
position forcée. Des
objets sont parfois retrouvés : vase à côté de la tête dans une
tombe, vase biconique à une anse et une petite alène en bronze
dans une autre, une belle poterie graphitée dans une tombe
découverte à Lézingar à Locquirec. |
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1- Jeune femme de Kervigné
2- Coffre de l'Ile Blanche avec squelette d'enfant de 12 ans |
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L'existence
des tombes-coffres révèle l'existence d'une hiérarchie sociale pas
facile à reconstituer. Les
préhistoriens pensent que la "jeune femme de Kervigné"
appartenait au même groupe humain de cultivateurs-pêcheurs vivant aux
bords du Douron. Il est même probable que ces cultivateurs-pêcheurs
étaient sur place depuis bien longtemps (pierre polie ?). Si
on sait que les bords de mer, plus particulièrement les estuaires et
abers, ont été très fréquentés à l'âge du bronze, on ne connaît ni
les lieux ni les types d'habitation.
Vers
1000 ans av. J.C. de nouvelles pratiques funéraires vont être utilisées
: incinération des morts, inhumation dans des urnes et constitution de
"champs".
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L'âge
du bronze
A
partir de 2000 ans av. J.C. les Armoricains développent une véritable industrie
concernant les métaux, non seulement le bronze, mais aussi le cuivre et
l'or.
Le cuivre est présent en Armorique mais il faut souvent l'importer
du Sud-Ouest de la Grande-Bretagne (Cornouaille, Wessex) voire de la
péninsule ibérique. L'étain, qui
intervient dans la fabrication du bronze (alliage d'étain et de cuivre)
est un minéral abondant en Armorique.
1400
ans av. J.C. : Bronze moyen : industrie (fonderies).
1200
ans av. J.C. : Haches à talons fabriquées en série sont exportées jusque
dans les Alpes. 1000
ans av. J.C. : Période des haches monétaires i.e. des haches à
douille trop riches en plomb pour jouer le rôle d'outil ont dû jouer le
rôle de monnaie primitive.
700
ans av. J.C. La civilisation qui s'est développée tout au long de ces
siècles figure parmi les plus originales d'Europe. L'Armorique devient
une région où le travail des métaux (or, cuivre, bronze, plomb) permet
la production de haches-outils, de bijoux, d'épées, et le développement des échanges (commerce) et la constitution de dépôts.
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Haches
à douilles de Rest-menou
A
Rest-menou, près du Grand Rocher, un dépôt (trésor ?) de près
de cinq cent haches à douilles armoricaines datant de 800 à 700
ans av. J.C. a été découvert. Ces petites haches (treize à
quinze centimètres) avaient une forte teneur en plomb : leur
tranchant étant non affutable, cela les rendaient inutilisables en
tant qu'outils. Par contre, ces haches ont dû servir comme
"pré-monnaie". Leur petit anneau latéral permettait de
les relier entre elles et de les transporter plus facilement.
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L'accumulation
en dépôts de plus de vingt mille de ces haches à douille en Armorique
signale très certainement une crise de la métallurgie (existence
d'excédents) face à un nouveau métal concurrent : très certainement le
fer apportés par les nouveaux envahisseurs, les Celtes.
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